En République démocratique du Congo, plusieurs partis politiques de l’opposition ont annoncé mardi la création de la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64). Cette nouvelle plateforme politique veut faire barrage à tout projet de changement de la Constitution et à la proposition de loi sur l’organisation du référendum actuellement examinée au Parlement.

La coalition réunit plusieurs figures de l’opposition congolaise, dont Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund. Des mouvements citoyens, notamment Lucha, soutiennent également cette initiative.

Le nom « C64 » fait référence à l’article 64 de la Constitution congolaise, qui appelle les citoyens à défendre l’ordre constitutionnel contre toute prise ou exercice illégal du pouvoir.

L’opposition accuse Tshisekedi de vouloir préparer un troisième mandat

Lors d’un rassemblement devant plusieurs centaines de militants, les leaders de la coalition ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une volonté du président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution afin de briguer un troisième mandat.

Dans leur déclaration, les opposants affirment que toute tentative de révision constitutionnelle constituerait une violation de l’ordre constitutionnel. Ils demandent également le retrait immédiat de la proposition de loi référendaire, qu’ils qualifient de menace pour la stabilité du pays.

La C64 assure qu’il n’y aura « ni troisième mandat, ni glissement, ni changement de Constitution » en RDC. Les opposants préviennent qu’ils résisteront à toute initiative visant à maintenir Félix Tshisekedi au pouvoir au-delà de son mandat actuel, qui doit prendre fin en 2028.

Cette mobilisation rappelle la contestation politique de 2015 et 2016 contre le maintien au pouvoir de l’ancien président Joseph Kabila. L’Église catholique en République démocratique du Congo s’est également opposée à l’idée d’une nouvelle Constitution, dans un contexte politique de plus en plus tendu.