L’annonce de la suspension de toutes les activités académiques et para académiques au sein d’une dizaine d’établissements publics d'Enseignement Supérieur et Universitaire des Villes de Goma et Bukavu, sous occupation de l'AFC/M23 par le gouvernement congolais, continue de susciter de vives réactions.
Pour de nombreux observateurs, cette décision qui compromet le secteur académique dans cette zone, rend un peu plus effective la balkanisation de fait de cette partie de la RDC.
C'est à l'image des opposants Martin Fayulu et Claudel Lubaya qui avancent que cette décision du gouvernement central, qui affecte directement des milliers d’étudiants de Goma et Bukavu, est simplement « un complot visant la balkanisation de la RDC. »
Le Dr. Denis Mukwege qui pointe pour sa part « une coordination entre le régime de Kinshasa et le régime de Kigali avec ses supplétifs d’AFC/M23/Twiraneho » visant à mettre en œuvre un plan pour se départager la RDC : « Après nous avoir imposé un génocide silencieux, nous redoutons désormais un épistémicide lent, plus corrosif et dangereux pour l'avenir des générations futures et pouvant conduire à la mise à mort systématique de nos savoirs, de notre capacité à penser, à chercher et à produire de la connaissance », a-t-il écrit sur X appelant les acteurs étatiques et non étatiques impliqués dans la recherche d’une solution pacifique à cette crise à faire de l’éducation des enfants congolais une priorité absolue de tous les processus en cours. »
L’éducation de nos jeunes est sacrée et non négociable !
— Denis Mukwege (@DenisMukwege) August 26, 2026
Je condamne avec la plus grande fermeté les nominations des nouvelles autorités académiques dans les institutions supérieures et universitaires par les mouvements armés AFC/M23/RDF dans les zones occupées d’une part, et la… pic.twitter.com/sXsgxAOSSk
De son côté, l’opposant Delly Sesanga a signifié que le recours à la fermeture des établissements d’enseignement « est une atteinte grave au droit à l’éducation, qu’aucun impératif d’ordre public ou sécuritaire ne saurait justifier » : « Même aux heures les plus difficiles de notre histoire, une sagesse a toujours prévalu : préserver l’école des conflits politiques et militaires », a-t-il déclaré rappelant que les examens d’État ont continué à être organisés sur l’ensemble du territoire et que les étudiants « ne sont responsables ni de l’occupation de leur ville, ni des décisions de l’AFC/M23, ni de la nomination des comités de gestion. »
Il a ainsi demandé que le gouvernement rapporte l’arrêté de fermeture des universités, procède à la réouverture immédiate de ces établissements et mette en place de mécanismes permettant d’assurer la continuité des enseignements, des examens et de la validation des diplômes, « sans reconnaître ni légitimer l’administration imposée par les forces rebelles. »
La guerre ne doit pas entrer dans les salles de classe.
— Delly SESANGA HIPUNGU (@DSESANGA) August 27, 2026
On ne défend pas la République en fermant ses universités.
On la défend en garantissant l’avenir de tous ses enfants.
La décision du Gouvernement de fermer les établissements publics d’enseignement supérieur et… pic.twitter.com/VrYF6bCjCv