Par Fred Mastaki

Chaque année, le mois de mars s’impose comme un moment de forte mobilisation autour des droits des femmes.

Les discours s’intensifient, les initiatives se multiplient, et les espaces publics comme numériques deviennent de véritables tribunes d’expression.

Sensibilisation, plaidoyer, vulgarisation : tout converge vers un même objectif, placer la question féminine au cœur du débat.

Durant cette période, certaines voix se distinguent par un engagement visible et soutenu.

Campagnes, conférences, interventions médiatiques, activisme sur les réseaux sociaux : la mobilisation est structurée, portée avec conviction et relayée avec énergie.

La promotion de la masculinité positive y occupe une place importante, aux côtés de la défense des droits et des libertés.

Mais cette dynamique, aussi remarquable soit-elle, semble souvent se limiter à ce seul mois.

À mesure que mars s’achève, l’intensité de la mobilisation s’estompe. Les prises de parole deviennent plus rares, les initiatives perdent en visibilité, et les campagnes s’essoufflent.

Comme si cet élan collectif, pourtant essentiel, ne parvenait pas à s’inscrire dans la durée.

Dès lors, une question s’impose : pourquoi un engagement aussi crucial reste-t-il enfermé dans une temporalité aussi limitée ?

La lutte pour les droits, les libertés et l’égalité ne saurait être circonstancielle. Elle exige constance, cohérence et continuité.

La vulgarisation des idées, si dynamique en mars, perd en efficacité lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un suivi régulier.

De même, la promotion de la masculinité positive — qui nécessite un travail de fond sur les mentalités — ne peut produire des effets durables si elle se réduit à des actions ponctuelles.

Il ne s’agit pas de remettre en cause la légitimité des mobilisations du mois de mars. Elles sont nécessaires, utiles, parfois décisives.

Mais leur portée dépend de leur capacité à s’inscrire dans un continuum. Sans cela, le risque est grand de voir cette cause se transformer en un rituel annuel, davantage symbolique que réellement transformateur.

Le véritable défi réside donc dans la constance : maintenir l’engagement au-delà des périodes de forte visibilité, faire vivre les idées au quotidien et inscrire les combats dans la durée, loin des projecteurs.

Car une lutte permanente ne peut reposer sur un engagement éphémère.

Par Fred Mastaki