Dans son dernier rapport publié cette semaine, Human Rights Watch a une nouvelle fois accusé l’AFC/M23 et les forces militaires rwandaises d’avoir ont mené une campagne de recrutement forcé et de détention abusive de milliers de combattants capturés et de civils dans la zone qu’ils contrôlent dans l’Est de la RDC.
Ce rapport documente les rafles de grande ampleur et arrestations dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans l’est de la RD Congo, ainsi que de graves abus commis contre des détenus dans les camps de formation militaire de Rumangabo et de Tshanzu dans la province du Nord-Kivu, entre mi-2024 et décembre 2025.
Human Rights Watch affirme également que les combattants de l’AFC/M23, soutenus par le personnel militaire rwandais, ont commis des meurtres, des actes de torture, des châtiments corporels et ont eu recours au travail forcé et à des enfants soldats ; ajoutant que « ces abus constituent des crimes de guerre, et devraient faire l’objet d’enquêtes en tant que possibles crimes contre l’humanité. »
En réaction, le mouvement rebelle a dit « rejeter avec la plus grande fermeté ce rapport de Human Rights Watch qu’il considère comme un document profondément déséquilibré, sélectif, entaché d’inexactitudes et déconnecté des réalités du terrain » : « Une fois de plus, cette organisation concentre son attention presque exclusivement sur l’AFC/M23, tout en minimisant ou en passant sous silence les graves violations commises par les forces coalisées du régime de Kinshasa. Cette approche à géométrie variable soulève de sérieuses interrogations quant à son impartialité et à la crédibilité de ses conclusions », a déclaré sur X son porte-parole, Lawrence Kanyuka.
Il a également rejeté les allégations de recrutement forcé formulées contre l’AFC/M23 signifiant que « ce dernier a toujours conduit un processus de mobilisation visible et public, réalisé au grand jour, sans dissimulation et largement documenté par des images et des vidéos accessibles à tous » : « Présenter cette mobilisation volontaire comme un recrutement forcé relève d’une interprétation contestable qui ne résiste pas à l’examen des faits. À l’ère du numérique, où les populations documentent en temps réel les événements grâce aux téléphones portables et aux réseaux sociaux, il devient de plus en plus difficile pour Human Rights Watch d’imposer un récit unique en ignorant les preuves diffusées quotidiennement par les témoins sur le terrain », a-t-il poursuivi.
Lawrence Kanyuka, qui a par ailleurs accusé le régime de Kinshasa d’enrôler des enfants dans son armée et de continuer avec des bombardements de zones civiles causant la mort de femmes et d’enfants dans plusieurs zones densément peuplées, notamment à Masisi et à Minembwe ; a déploré que ces événements « semblent bénéficier d’une attention nettement moindre dans les rapports et les campagnes médiatiques de Human Rights Watch » : « L’AFC-M23 estime que toute organisation de défense des droits humains devrait appliquer les mêmes standards d’enquête, les mêmes exigences de vérification et le même niveau de rigueur à toutes les parties au conflit, sans distinction politique ni traitement préférentiel. Nous appelons par conséquent l’opinion publique, les médias, les partenaires internationaux et les chercheurs indépendants à ne pas considérer ces conclusions comme une vérité incontestable », a-t-il conclu réaffirmant l’attachement de l’AFC/M23 au respect du droit international humanitaire tout en demandant à Human Rights Watch « de rompre ses liens avec le régime de Kinshasa et d’adopter un mécanisme d’enquête véritablement indépendant, professionnel et équitable, dans l’intérêt des populations civiles et de la recherche de la vérité. »