En République démocratique du Congo, le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) appelle les autorités à renforcer la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la province de l’Ituri. Dans une déclaration publiée le 18 juin à Bunia, cette structure estime que la réponse actuelle reste insuffisante face à la progression de la maladie.

Selon la LUCHA, la recrudescence des cas intervient dans un contexte particulièrement difficile marqué par l’insécurité persistante, les déplacements de populations et les faiblesses du système sanitaire. Le mouvement considère que ces facteurs favorisent la propagation rapide du virus et accentuent la vulnérabilité des communautés déjà affectées par plusieurs années de crise.

Tout en exprimant sa solidarité envers les familles touchées et en saluant le travail du personnel médical engagé dans la riposte, l’organisation citoyenne juge que les mécanismes de prévention, de surveillance et de communication communautaire demeurent largement en deçà des besoins imposés par cette urgence sanitaire.

La LUCHA déplore notamment l’insuffisance des campagnes de sensibilisation et le manque d’informations accessibles à la population. Elle réclame la mise en place d’un numéro vert fonctionnel et largement diffusé afin de permettre le signalement rapide des cas suspects.

Le mouvement recommande également le déploiement d’équipes de recherche active dans les quartiers et villages, le renforcement du suivi des personnes contacts ainsi que la publication régulière des données épidémiologiques afin d’améliorer la confiance entre les autorités sanitaires et les communautés locales.

Pour la LUCHA, la réussite de la riposte dépend fortement de l’implication des acteurs communautaires. L’organisation appelle à une participation accrue des chefs coutumiers, responsables religieux, organisations de la société civile et mouvements de jeunesse. Elle estime que ces relais de proximité sont essentiels pour diffuser les messages de prévention, lutter contre les rumeurs et encourager le signalement précoce des cas.

L’organisation propose notamment la création de comités communautaires de veille sanitaire, la formation de brigades de jeunes volontaires et l’organisation régulière de forums d’échanges entre les populations et les autorités sanitaires.

Par ailleurs, la LUCHA demande l’adoption de mesures administratives exceptionnelles pour limiter les risques de contamination. Parmi celles-ci figurent la gratuité effective de la prise en charge des malades, l’approvisionnement urgent des structures sanitaires en équipements de protection et en tests de diagnostic, ainsi que l’installation de dispositifs de dépistage aux principaux points d’entrée de la province.

Le mouvement insiste également sur l’importance de l’accès à l’eau potable dans la prévention de la maladie. Il appelle le gouvernement provincial et les services compétents à prendre des mesures urgentes pour améliorer l’approvisionnement en eau dans les quartiers de Bunia et dans plusieurs localités de l’Ituri.

Enfin, la LUCHA met en garde contre toute tentative de détournement des fonds destinés à la riposte. Elle appelle l’État, les partenaires et les communautés à une mobilisation générale afin d’éviter une aggravation de la situation sanitaire dans cette province de l’est