Au Burundi, les avocats de l’humanitaire et historien congolais Benjamin W. Babunga dénoncent le maintien en détention de leur client, malgré deux décisions de justice ordonnant sa mise en liberté provisoire.
Ils annoncent avoir saisi le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
Une information publiée sur X par son épouse Anne-Marie qui avait déjà demandé sa libération pure et simple le 3 septembre dernier, jour de son anniversaire.
Aux amis de Ben, Je vous informe que mandat a été donné à Maîtres Bernard Maingain (Avocat au barreau de Bruxelles) et Armel Niyongere (Avocat en DH) afin de saisir le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire concernant la situation de Benjamin. Anne-Marie https://t.co/NDsiNVwUFl
— Benjamin Babunga Watuna (@benbabunga) October 7, 2026
Selon ses avocats, le dossier judiciaire contient notamment une photographie datant de 2023, prise lors d’un voyage en France avec des amis.
La défense affirme surtout que deux juridictions burundaises ont ordonné sa mise en liberté provisoire.
La première décision aurait été rendue le 15 juillet par le Tribunal de grande instance de Mukaza, avant une seconde décision de la Cour d’appel de Mukaza, siégeant en chambre du conseil, le 5 août dernier.
Mais malgré ces deux décisions de justice, Benjamin Babunga reste détenu, dénoncent ses avocats.
Amnesty International avait également appelé à sa libération.
La défense, assurée par Me. Armel Niyongere, avocat en droits de l’homme, et Me Bernard Maingain, avocat au barreau de Bruxelles, indique désormais avoir saisi le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
Les deux avocats appellent également les bailleurs de fonds du Burundi à intervenir afin que, selon eux, cette situation prenne fin.
Dans leur communiqué publié le 7 octobre à Bruxelles, ils demandent enfin aux personnes attachées au respect de l’État de droit dans la région des Grands Lacs de soutenir leur démarche.
Pour rappel, Benjamin Babunga a été arrêté le 26 mai dernier à Bujumbura où il se trouvait en mission.
Travailleur dans le secteur humanitaire et connu pour ses publications sur l’histoire de la RDC et de la région des Grands Lacs, il a été accusé par les autorités Burundaises d’espionnage, d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État ainsi que d’actes de terrorisme.
Lors de son arrestation, certaines sources avaient signifié que son interpellation aurait été commanditée par Kinshasa qui lui reprocherait notamment certaines critiques concernant la gouvernance et la gestion de la guerre contre lAFC/M23 dans l’Est de la RDC.
Ces mêmes sources évoquaient une possible extradition vers Kinshasa, mais celle-ci n’a jamais eu lieu.
Depuis son arrestation, des voix se sont élevées pour demander sa libération, estimant que ses publications et analyses relevaient de l’exercice de sa liberté d’expression.