Au moins 40 civils ont été tués la semaine dernière à Bafwakoa dans le territoire de Mambasa en province de l’Ituri ; c’était au cours d’une attaque attribuée aux terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) à en croire des sources locales.

Parmi les victimes figurent des conducteurs de motos-taxis ainsi que des agents d’une entreprise locale d’exploitation minière.

Les corps ont par la suite été inhumés par des équipes de secours dans un climat de vive émotion au sein de la population. 

Ce massacre intervient alors que se poursuivent les opérations militaires conjointes entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF), dans le cadre de l’opération « Shujaa », lancée en 2021 pour les neutraliser dans cette région.

Cependant, l’efficacité de cette opération est de plus en plus remise en cause.

Pour l’analyste politique Isse Rguene, les différends entre le chef de l’UPDF, le général Muhoozi Kainerugaba, et le gouverneur militaire de l’Ituri, Johnny Luboya, pourraient expliquer les limites observées sur le terrain.

Selon lui, ces tensions, rendues visibles à travers des prises de position publiques, fragilisent la coordination entre les forces engagées et compromettent la conduite efficace des opérations contre les ADF.

Il appelle les deux responsables à surmonter leurs divergences afin de renforcer la coopération militaire. 

De son côté, Nico Lukogho, activiste des droits humains basé à Kasindi, dans la région de Beni, dénonce un désintéressement des autorités nationales face aux exactions répétées de ce groupe armé actif depuis plusieurs années. 

Sur le plan humanitaire, un déplacement massif de populations a été signalé vers la localité de Niania.

Les activités économiques, paralysées jeudi après l’attaque, ont repris timidement vendredi, selon des sources locales.

Malgré les opérations en cours, la persistance des violences entretient un climat de peur dans la région, où les populations civiles restent exposées aux attaques des groupes armés.