En République démocratique du Congo, la motion de défiance initiée contre le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani, continue de faire débat au sein de la classe politique.
Portée par le député national Laddy Yangotikala, élu de Kisangani ; cette initiative vise à obtenir des explications sur la gestion de la crise sécuritaire qui secoue le pays.
Sur le terrain, la situation reste préoccupante dans plusieurs régions : À Beni, dans l’Est du pays, les habitants dénoncent une multiplication de cas de cambriolages et d’assassinats, souvent enregistrés durant la nuit. Un climat d’insécurité qui alimente frustration et colère au sein de la population.
Dans les grandes agglomérations comme Kinshasa et Kisangani, le phénomène des gangs urbains dits « Kuluna » persiste, tandis que des enlèvements sont régulièrement signalés à Butembo et dans d’autres localités du Nord-Kivu.
Face à cette situation, certains acteurs estiment que la motion de défiance constitue un levier institutionnel pour exiger des comptes à l’exécutif.
Toutefois, l’initiative divise, notamment parmi les élus du Nord-Kivu, dont une partie s’y oppose.
Une position qui suscite l’inquiétude de Loswire Shabani, militant du mouvement citoyen LUCHA.
Il critique ce qu’il considère comme un manque de responsabilité de certains députés face à la souffrance des populations : « Les citoyens continuent de subir l’insécurité. Les élus ont pour mission de contrôler l’action du gouvernement et d’agir lorsque des défaillances sont constatées », affirme-t-il, appelant à plus d’engagement de la part des représentants du peuple.
Alors que les discussions se poursuivent, cette motion de défiance met en lumière les tensions politiques autour de la gestion sécuritaire du pays, dans un contexte où les attentes des populations restent particulièrement élevées.