Après la coalition Article 64, c’est au tour du mouvement Sauvons la RDC de rejeter « le processus de dialogue national » lancé récemment par le président Félix Tshisekedi et qui sera précédé des consultations populaires dans les 26 provinces de la RDC.

Dans un communiqué publié ce lundi 31 août 2026, cette plateforme politique de Joseph Kabila explique de l’initiative de chef de l’Etat congolais contredit l’esprit, les exigences et la finalité d’un véritable « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État » :  « Son appel à l’unité et à la cohésion nationales, tout comme sa profession de foi en faveur du dialogue présenté comme la voie privilégiée de sortie de crise, dissimulent mal de profondes contradictions entre le discours affiché, la démarche proposée et les véritables enjeux de la crise », indique-t-il dans ce communiqué.

Le Mouvement Sauvons la RDC reproche à Félix Tshisekedi de décider seul, de choisir seul les participants, de fixer les règles, de délimiter les sujets et de déterminer à l’avance les contours de ce dialogue : « Ce qu’il projette n’est donc pas davantage un dialogue national que les ‘’auto-nominations’’ de décembre 2023, organisées à coups de machines à voter distribuées jusque dans les rangs de sa famille politique, n’ont constitué de véritables élections », poursuit-il.

Il avance par ailleurs que Félix Tshisekedi a dressé un diagnostic erroné et soutient que la crise que traverse aujourd’hui la RDC « n’est ni un simple différend entre politiciens ni une difficulté passagère, encore moins exclusivement sécuritaire, et ne résulte nullement d’une agression étrangère : « Elle est tout à la fois morale, politique, sécuritaire, institutionnelle, économique, sociale, humanitaire et, désormais, sanitaire. Des territoires entiers et pas seulement dans l’Est du pays, échappent à l’autorité de l’État. Des millions de Congolais sont déplacés ou vivent quotidiennement sous la menace de la guerre, de la faim et des épidémies. Dans le même temps, les structures sanitaires et les dispositifs humanitaires sont à bout de souffle, sans que se dessine une volonté politique suffisamment forte ni un plan crédible permettant de renforcer durablement leurs capacités », pointe le mouvement Sauvons la RDC qui accuse Tshisekedi d’avoir fait le choix de sauver son pouvoir plutôt que de sauver la République.

7 conditions pour un véritable dialogue inclusif

Aussi, le mouvement Sauvons la RDC a rappelé ses 7 conditions d’un dialogue crédible, inclusif et efficace que sont : Une médiation neutre, indépendante et impartiale ; une participation réellement inclusive, sans exclusion politique arbitraire ; un cadre neutre et sécurisé, garantissant à chaque participant sa liberté, sa sécurité et son intégrité ; des termes de référence, un calendrier et un ordre du jour définis de manière consensuelle par les parties ; le respect absolu de la Constitution, notamment de ses dispositions intangibles, ainsi que de l’échéance constitutionnelle de 2028 ; une véritable décrispation politique et judiciaire, préalable indispensable à la restauration de la confiance ; et enfin, un mécanisme indépendant et contraignant de garantie, de suivi et de mise en œuvre effective des engagements et résolutions issus du dialogue.

Il insiste que ces exigences « ne sont ni accessoires ni négociables et constituent le socle minimal sans lequel tout processus présenté comme un dialogue national ne serait qu’un simulacre, dépourvu de la confiance, de la crédibilité et de la légitimité nécessaires à une véritable sortie de crise. »

« L’annonce solennelle d’un prétendu ‘’dialogue national’’ constitue, pour Sauvons la RDC, un non-événement politique. Elle ne répond ni aux exigences du moment, ni aux conditions d’un véritable dialogue, encore moins à l’urgence d’une sortie de crise », déclare cette plateforme politique qui réaffirme de son côté « son refus catégorique de cautionner une mise en scène politique dont le scénario écrit d’avance par l’une des parties à la crise et dont les conclusions, déjà préfigurées, n’attendent plus qu’un simple entérinement. »

« Ce pseudo-dialogue est, pour Sauvons la RDC, un mécanisme subtil, un stratagème politique destiné à instrumentaliser les conclusions du forum pour tenter de contourner les verrous constitutionnels, prolonger indûment les animateurs des institutions dans leurs fonctions, au-delà des échéances prévues et, à terme, ouvrir la voie à un troisième mandat consécutif du Président de la République en exercice », soutient-il tout en martelant « qu’il ne cautionnera jamais pareille forfaiture » et réaffirmant son attachement au principe « d’un véritable dialogue national, souverain, inclusif et sans exclusive, réunissant l’ensemble des parties prenantes et ouvert à l’examen, sans tabou, de toutes les dimensions ainsi que des causes profondes de la crise congolaise. »

« Fort des enseignements de l’histoire et des luttes des peuples pour leur liberté et leur souveraineté, Sauvons la RDC demeure convaincu qu’un tel dialogue national finira par s’imposer. Que Monsieur Tshisekedi le veuille ou non. Il se tiendra avec lui, ou sans lui s'il s'obstine à en empêcher la tenue, mettant ainsi le peuple congolais dans l’obligation, sur pied de l’Article 64 de la Constitution, de le contraindre à la sortie, et de reprendre son destin en mains », conclut le mouvement Sauvons la RDC qui prévient que la responsabilité politique et historique d’un tel dénouement, aussi regrettable qu’évitable de la crise n’incomberait qu’à Félix Tshisekedi.