Les efforts diplomatiques visant à favoriser un dialogue politique inclusif en République démocratique du Congo se heurtent à de profondes divergences entre les autorités congolaises et les médiateurs régionaux.

D'après le Magazine Jeune Afrique, une proposition élaborée par l’Angola pour relancer un processus de réconciliation nationale peine à obtenir l’adhésion de Kinshasa, qui conteste plusieurs de ses principaux axes.

Selon les éléments du projet transmis aux autorités congolaises, Luanda avait préparé une feuille de route de 21 pages intitulée « Dialogue inclusif intercongolais pour la paix durable et la réconciliation nationale ».

L’initiative visait à réunir l’ensemble des acteurs politiques et sociaux du pays autour d’un cadre de discussions destiné à contribuer à la résolution de la crise sécuritaire persistante dans l’est de la RDC et à apaiser les tensions politiques internes.

Le document prévoit la participation de 90 délégués répartis en trois composantes de taille égale : Trente représentants devaient provenir de la majorité au pouvoir, trente autres de l’opposition politique et militaire – incluant notamment l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) ainsi que des personnalités proches de l’ancien président Joseph Kabila – tandis que les trente derniers sièges étaient réservés à des représentants de la société civile.

Des garanties préalables pour instaurer un climat de confiance

Dans cette architecture proposée par l’Angola, le président angolais João Lourenço devait assumer le rôle de « parrain et coordinateur principal » du dialogue.

La médiation effective des échanges aurait été confiée au président togolais Faure Gnassingbé, agissant sous l’égide de l’Union africaine, avec des pourparlers envisagés dans la capitale angolaise, Luanda.

Afin de favoriser la participation de toutes les parties concernées, les autorités angolaises recommandaient également l’adoption de mesures de confiance préalables.

Parmi celles-ci figurent la libération des prisonniers politiques, la commutation de peines pour des personnes condamnées dans des dossiers à caractère politique ainsi que le respect du cessez-le-feu par les groupes armés opérant dans l’est du pays.

Cependant, le gouvernement congolais a rejeté l’essentiel de cette proposition. Kinshasa s’oppose notamment à l’inclusion de l’AFC/M23 dans un cadre de dialogue politique national, de même qu’à la participation de personnalités considérées comme proches de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila.

Les autorités congolaises estiment par ailleurs que toute initiative de dialogue interne devrait se dérouler à Kinshasa et être placée sous l’autorité du président Félix Tshisekedi.

Ces désaccords de fond maintiennent pour l’heure le projet dans une impasse, alors que les initiatives diplomatiques en cours pour tenter de rapprocher les positions des différentes parties et trouver une issue durable à la crise multidimensionnelle que traverse la RDC; peinent à apporter des avancées.

Pour rappel, l’Angola qui avait jeté l'éponge en tant que médiateur dans le conflit en RDC, indiquant « vouloir se consacrer à d'autres priorités sur le continent », est finalement revenu sur ce dossier multipliant en début d’année des contacts formels et informels avec plusieurs acteurs clés de la crise en cours en RDC, caractérisée par la guerre contre le M23 dans l’Est du pays ; en vue de préparer le terrain pour de futures discussions plus structurées et éventuellement pour organiser un dialogue inclusif tant réclamé par une bonne partie de l’opposition.