L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC), avec un bilan particulièrement préoccupant. Selon le rapport de situation de l’Institut national de santé publique (INSP), publié le 12 août 2026, le cumul des cas confirmés s’élève désormais à 4 566 dans les cinq provinces touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.

Depuis le début de l’épidémie, 2 128 décès ont été enregistrés, contre 918 guérisons, tandis que 570 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés. Le taux de létalité atteint ainsi 46,6 %, traduisant la gravité persistante de la flambée épidémique.

L’épidémie concerne désormais 53 zones de santé à travers les cinq provinces. L’Ituri demeure de loin l’épicentre de la maladie, avec 28 zones de santé affectées sur les 36 que compte la province. Les foyers les plus préoccupants restent notamment Bunia, Mambasa et Mongbwalu, où la transmission continue de poser un important défi aux équipes de riposte.

Le Nord-Kivu arrive en deuxième position avec 12 zones de santé touchées sur 34, tandis que la Tshopo compte six zones affectées sur les 23 que compte la province. En revanche, la situation évolue favorablement au Sud-Kivu. La province ne compte plus qu’une seule zone de santé affectée, Miti-Murhesa, qui totalise désormais 76 jours sans nouveau cas confirmé.

Malgré cette amélioration dans certaines zones, la riposte reste confrontée à d’importants défis. Le taux global de suivi des contacts s’établit à 82,4 %, tandis que les autorités sanitaires poursuivent la mobilisation des centres de traitement, des ambulances et des équipes médicales. L’INSP appelle également les communautés à signaler rapidement toute alerte et à respecter les mesures relatives aux enterrements dignes et sécurisés.

Tedros alerte sur une épidémie qui « nous distance encore »

De retour d’une visite en RDC, où il a rencontré le président Félix Tshisekedi, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué l’engagement des autorités congolaises dans la riposte, tout en tirant la sonnette d’alarme face à l’ampleur de l’épidémie.

Selon lui, l’épidémie pourrait devenir la plus meurtrière de l’histoire si sa progression n’est pas rapidement stoppée, avec le risque de dépasser le bilan de l’épidémie d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016.

Le patron de l’OMS a particulièrement insisté sur la situation en Ituri, qui concentre environ 90 % des cas et 80 % des décès. La transmission reste active notamment à Bunia, Rwampara, Nizi et Lita.

Tedros s’est surtout inquiété de la forte proportion de décès survenant au sein des communautés plutôt que dans les centres de traitement. Cette situation constitue, selon lui, un signe que certaines chaînes de transmission échappent encore au système de surveillance.

Pour le directeur général de l’OMS, l’épidémie ne pourra être stoppée tant que ces filières de contamination non identifiées ne seront pas détectées et interrompues. La recherche active des cas, le suivi rigoureux des contacts et l’implication des communautés restent donc au cœur de la stratégie pour tenter de contenir une flambée qui continue de faire peser une lourde menace sanitaire sur le nord-est de la RDC.