Intervenant lors d’une session spéciale de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis, consacrée à l’audition de la sous-secrétaire adjointe américaine aux Affaires africaines Sarah Troutman sur la situation de crise en RDC, marquée par la guerre contre le M23 à l’Est du pays ; l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, a reconnu que le Rwanda « entretient une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23. »

Mathilde Mukantabana a en effet expliqué que l’insurrection génocidaire qui a débuté en 1994 au Rwanda n’a pas été vaincue mais a été maintenue, protégée et, parfois, activement soutenue par les gouvernements congolais successifs : « C’est pour cette raison que le Rwanda collabore avec l’AFC/M23 en matière de coordination de la sécurité. Je le dis clairement afin d’instaurer la confiance par la transparence », a ainsi déclaré l’ambassadrice Rwanda aux États-Unis.

Elle a poursuivi en affirmant que le Rwanda et l’AFC/M23 « partagent un intérêt commun à protéger les Tutsis en RDC contre les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et d’autres milices extrémistes soutenues par les FARDC », justifiant l’intérêt du pays « à prévenir une nouvelle insurrection transfrontalière génocidaire, comme à la fin des années 1990, qui pourrait menacer l’existence même du Rwanda » : « La position du Rwanda est simple : notre sécurité nationale est non négociable. Après des décennies de menaces génocidaires transfrontalières de la part des FDLR et des milices alliées, les mesures défensives visent à protéger des vies, et non à des fins politiques. La paix doit reposer sur une sécurité réelle », a-t-elle déclaré.

Mathilde Mukantabana a toutefois indiqué que le Rwanda ne cherche pas à influencer les résultats politiques en RDC, ni à soutenir des mouvements armés comme alternative à une gouvernance inclusive : « Nos actions se concentrent exclusivement sur la protection du peuple rwandais en prévenant les menaces génocidaires transfrontalières. Les mesures défensives du Rwanda seront adaptées en fonction de la diminution du niveau de menace, comme prévu dans la feuille de route de mise en œuvre des Accords de Washington », a-t-elle ajouté.

Elle a enfin réitéré que les Accords de Washington constituent un progrès significatif vers une stabilité, une sécurité et une prospérité durables dans la région des Grands Lacs.

Il faut dire que Kigali a toujours nié tout soutien à l’AFC/M23 qu’il présente comme un groupe armé congolais qui doit trouver une solution politique avec le gouvernement congolais ; une position rejetée par Kinshasa qui présente ce dernier comme le principal soutien de l’AFC/M23 qui occupe une grande partie des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu.