L’AFC/M23 qui occupe une bonne partie des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu où il a installé une véritable administration qui remplit quasiment toutes les missions de l’Etat et perçoit notamment des taxes et impôts a finalement décidé de rémunérer régulièrement ses combattants qui constituent sa branche armée appelée Armée Révolutionnaire Congolaise.
Cette dernière est conduite par Sultani Makenga, également cofondateur militaire de l’AFC/M23 qui avait toujours signifié que ses militaires, estimés actuellement à plus de 60.000 hommes, « n’ont pas de rémunération et se battent par conviction et patriotisme », brandissant leurs multiples victoires militaires face aux forces gouvernementales souvent bien supérieures en nombre et en moyens.
Cette information fait suite à la publication cette semaine dans les réseaux sociaux des scènes de liesse des combattants de l’AFC/M23 recevant leur solde, une première qui est déjà confirmée par Benjamin Mbonimpa, Secrétaire permanent du mouvement rebelle qui parle « d’une prise en charge de leurs combattant » : « Les soins médicaux ainsi que la ration alimentaire quotidienne assurés. Quant à la dotation en équipements militaires et tenues, notre Organisation le fait correctement et à un rythme régulier », a-t-il écrit sur X réagissant une vidéo portant sur ce sujet.
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— MAISHA RDC (@MaishaRdc) June 13, 2026
AFC-M23 : le début de la rémunération des combattants marque une nouvelle phase de structuration du mouvement
Les militaires de l'AFC-M23 ont commencé à percevoir une rémunération mensuelle d'au moins 100 dollars américains, avec des montants plus élevés selon les… pic.twitter.com/jg3X1CBRXE
D’après des sources proches de l’AFC/M23, qui avancent une rémunération mensuelle d'au moins 100 dollars américains alors que certaines voix parlent d’une somme légèrement inférieure ; cette initiative marque une nouvelle phase de structuration de ce mouvement rebelle.
Ces dernières ajoutent que cette initiative est perçue par les combattants rebelles comme « une reconnaissance des sacrifices consentis depuis le début de leur engagement. »
Pour d’autres analystes, elle inquiète et réaffirme la volonté de l’AFC/M23 de se constituer comme un véritable Etat avec toutes les structures bien organisées et fonctionnelles : « Cette évolution peut être interprétée comme le signe que le conflit s'inscrit dans la durée. Plus un mouvement armé développe des structures administratives, financières et militaires autonomes, plus son démantèlement par la seule option militaire devient complexe. Cela renforce les arguments de ceux qui plaident pour une solution politique capable d'aborder les revendications de fond tout en préservant l'intégrité de l'État congolais », a indiqué Eliezaire Ushindi, un juriste et chercheur indépendant sur les conflits de la région des grands-lacs.