Entre le 1er et le 4 janvier 2026, des affrontements armés ont éclaté entre factions Wazalendo dans la chefferie des Bashu et au nord de la ville de Butembo.

Les combats ont opposé le groupe du général autoproclamé Tango Fort aux Maï-maï Wazalendo RNL, dirigés par Baraka Lolwako, avec l’implication signalée d’un certain Fiston Nzoli.

Selon des sources locales, plusieurs camps de Tango Fort, notamment à Kitovo, Misugho et Rwamiso, ont été incendiés, et la mort d’un chef armé présenté comme un seigneur de guerre est rapportée dans ce contexte.

La Synergie Wazalendo Front Grand Nord a revendiqué ces opérations, affirmant vouloir neutraliser Tango Fort et ses partisans, accusés de détentions illégales, tortures, assassinats et perception de taxes arbitraires.

Elle a également salué la libération d’au moins 11 personnes détenues illégalement dont des mineurs lors de l’attaque du camp de Lwamiso.

Conflit de leadership et course aux minerais

Si ces affrontements ont été présentés par certains acteurs comme une lutte pour le contrôle et la discipline au sein de la Synergie Wazalendo, plusieurs sources civiles et sécuritaires indiquent que les vraies tensions sont liées à des enjeux économiques.

Des commerçants et creuseurs artisanaux d’or interrogés expliquent que tous les groupes armés présents sur la colline cherchent à protéger ou exploiter les ressources minières, imposant des taxes sur les creuseurs et contrôlant les axes de commercialisation, notamment depuis Malende derrière Butembo.

« Les groupes de Baraka, Fiston Nzoli et les autres se sont séparés à cause de ces intérêts. Tango Fort a renforcé son influence dans la zone, étouffant certains intérêts miniers, ce qui a provoqué des attaques pour retrouver leurs positions. À Butembo, la surmilitarisation et le renforcement des troupes FARDC compliquent leur réinstallation », indique une source sécuritaire anonyme.

Déclarations contradictoires et mise en scène médiatique

Pour masquer leurs motivations économiques et leurs actions contre d’anciens alliés, les groupes armés ont utilisé les médias et réseaux sociaux pour présenter les attaques comme des opérations ciblant des rebelles dissidents ou des individus désignés comme « travailleurs » d’éléments hostiles.

Cette narration contraste avec la réalité, qui inclut des enjeux de contrôle de minerais et de zones stratégiques.

Contexte régional et sécuritaire

La région de Bashu et Butembo se trouve dans un contexte de conflits armés multiples :

-        Le M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports de l’ONU,

-        Le groupe ADF, d’origine ougandaise,

-        Des groupes armés locaux, alliés ou en coordination avec les FARDC,

-        Des zones riches en or et diamants, historiquement disputées depuis la deuxième guerre du Congo, avec des chefs rebelles comme Mudohu ou Lolwako ayant déjà revendiqué ces territoires.

Selon des analystes, la division interne des Wazalendo pourrait être exploitée par des forces étrangères ou des groupes ennemis pour fragiliser la sécurité et accentuer les risques pour les civils.

Enjeux et conséquences

Ce conflit démontre que les tensions ne se limitent pas à des questions de leadership ou de discipline militaire.

Les ressources minières, le contrôle du territoire et la perception de taxes sont au cœur des affrontements.

Ces dynamiques expliquent la violence répétée, l’incendie des camps et la mort d’un chef armé, et renforcent la complexité de la pacification de la région.

Aussi, l’incident à Bashu et Butembo illustre la complexité des conflits armés locaux, mêlant enjeux sécuritaires, rivalités de leadership et intérêts économiques liés aux minerais.

La mort d’un seigneur de guerre et l’incendie de camps témoignent des zones d’ombre persistantes.

Une enquête indépendante et un suivi rigoureux des activités minières et armées sont nécessaires pour clarifier les responsabilités et prévenir de nouvelles violences.