La réhabilitation de la route nationale numéro 4 (RN4), reliant Beni à Kasindi, se poursuit au niveau du poste frontalier de Kasindi-Lubiriha, dans le secteur de Rwenzori, en territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo.
C’est le samedi 31 décembre 2026 que ce constat a été fait sur ce tronçon en chantier. Des femmes et des enfants, âgés de 4 à 15 ans, y ramassent des pierres destinées à la vente, au bord et parfois sur la chaussée, en pleine zone de circulation des engins de travaux publics.
Exposées aux accidents et à la poussière, ces personnes expliquent agir par nécessité. Kasindi est l’une des entités du Nord-Kivu qui accueille un nombre important de déplacés de guerre, fuyant d’autres agglomérations affectées par les conflits armés. Cette pression démographique accentue la précarité et rend les conditions de vie particulièrement difficiles pour les ménages.
Parmi les personnes rencontrées figure Suzanne, une femme d’une quarantaine d’années et mère de famille. Elle affirme vendre un chargement de pierres à 15 dollars américains, tout en dénonçant les taxes exigées par le service des mines à Kasindi-Lubiriha.
« Nous vendons un chargement à 15 dollars. DOTT Service nous donne les pierres gratuitement, mais le service des mines nous demande de payer 5 dollars pour chaque chargement », explique-t-elle.
À proximité, des enfants participent également à cette activité. Gérance et Faïda, âgés d’environ 3 et 4 ans, ramassent eux aussi des pierres au bord de la RN4, malgré les risques liés à la circulation et aux travaux en cours.
« Nous sommes là aussi, nous allons vendre nos pierres », confie l’un d’eux.
La société DOTT Service, chargée des travaux de réhabilitation de la RN4, confirme l’existence de cette pratique. Selon une source interne, certaines pierres issues de la carrière ne répondent pas aux dimensions requises pour les remblais et sont mises de côté.
« Ces matériaux sont laissés sur le terrain et certaines femmes préfèrent les récupérer comme une activité. Nous ne pouvons pas refuser. C’est aussi une manière de donner un coup de pouce à la population riveraine. C’est une pratique normale qu’on ne peut pas empêcher », explique cette source.
Nos tentatives pour joindre le service des mines au poste de Kasindi sont restées sans succès. De son côté, la Police nationale congolaise, à travers les services chargés des mines, indique s’être, pour l’instant, réservée de tout commentaire.