Dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la société civile dispose désormais d’un toit.

Un bâtiment moderne, financé par la MONUSCO, qui a été inauguré le mardi 17 février dernier à Oicha.

Dans cette région où l'insécurité entrave souvent le travail de proximité, cette infrastructure vise à devenir le pivot du dialogue communautaire et de la consolidation de la paix.

C’est un soulagement pour les forces vives d’Oicha.

Jusqu'ici dépourvue de bureaux fixes, la coordination territoriale de la société civile de Beni dispose désormais d’un cadre de travail digne de ce nom.

Construit en un temps record de trois mois, ce bâtiment qui a coûté près de 50.000 dollars, abrite des bureaux, une salle d’archivage et, surtout, une grande salle de conférence destinée aux échanges interethniques et confessionnels.

Un outil de travail pour « sortir de l'ombre »

Pour Omar Kalisya, président de la société civile locale, ce siège change la donne : « Nous pouvons désormais stocker nos données et travailler en permanence, même la nuit, grâce à l'éclairage », se réjouit-il.

Au-delà du confort, il s'agit d'un enjeu de crédibilité et d'efficacité. Dans une zone où la protection des civils est une urgence quotidienne, disposer d’un lieu de rencontre sécurisé est un atout stratégique pour alerter et concerter.

La paix par le dialogue local

Ce projet porté par la section des Affaires civiles de la mission onusienne, se veut inclusif.

Femmes, jeunes, personnes vivant avec handicap et organisations de défense des droits de l'homme ; tous sont appelés à s'approprier ce nouvel espace : « Ce bâtiment était le maillon manquant », souligne Obatoki Salami Adam, responsable de la MONUSCO à Beni.

Il également fait savoir que ce dernier servira de cadre aux discussions sensibles sur le programme de désarmement et de stabilisation (P-DDRCS).

De son côté, l’administration territoriale espère que cette initiative fera tâche utile.

Pour le colonel Marcel Kaloni, administrateur assistant, renforcer les structures citoyennes est indispensable pour stabiliser la région : « Les jeunes ont besoin d’espaces pour se retrouver et renforcer la cohésion », a-t-il déclaré.

Après la police et les services sociaux, c'est donc un nouveau pilier de la vie publique qui se consolide à Oicha, au cœur d'un Nord-Kivu en quête de repères.