Intervenant lors de la récente réunion du conseil des ministres tenue le weekend dernier, la Première Ministre Judith Suminwa a salué l’imposition par le Département du Trésor des États-Unis d’Amérique des sanctions contre l’armée rwandaise et 4 de ses hauts responsables en raison de leur implication directe aux côtés du M23 dans les opérations militaires menées à l’Est de la RDC.

Pour la cheffe du gouvernement congolais, « ces sanctions traduisent la reconnaissance, par les États-Unis d’Amérique, de l’implication directe et multiforme de l’armée rwandaise dans des actions portant atteinte à la paix et à la stabilité du pays à travers le soutien militaire, logistique et opérationnel apporté aux supplétifs de l'AFC/M23 engagés dans les combats sur le territoire congolais. »

Judith Suminwa a signifié que cette décision intervient dans un contexte marqué par la poursuite des efforts diplomatiques engagés par le Président Félix Tshisekedi en vue de mobiliser la Communauté internationale autour du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.

« La stabilisation durable de l’Est de la République Démocratique du Congo demeure indissociable de plusieurs exigences fondamentales, parmi lesquelles la cessation de tout appui aux groupes armés opérant sur le territoire national, le retrait des forces étrangères et de leurs supplétifs ainsi que le respect strict de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États », a ajouté la première ministre de la RDC qui a réaffirmé son attachement au respect des engagements souscrits dans le cadre des accords de Washington et d’autres initiatives de paix en cours.

Elle par ailleurs fait savoir que le gouvernement congolais demeure déterminé à poursuivre, aux côtés de ses partenaires régionaux et internationaux, les efforts visant à rétablir durablement la sécurité, à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et à consolider la stabilité dans la région des Grands-Lacs.

Une lecture différente de Kigali

Dans le même temps, le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, a expliqué à demi-mots que Kinshasa jubile rapidement à cause d’une lecture partielle et partiale du communiqué du Département d'Etat américain.

Pour lui, les États-Unis demandent d'abord à la RDC de « [neutraliser] immédiatement le groupe armé des FDLR et les groupes qui lui sont associés » et ensuite au Rwanda de « [retirer] ses troupes et ses équipements militaires de la RDC. »

Rappelant que cette séquence avait été initialement proposée par l’ancien ministre congolais des affaires étrangères Christophe Lutundula, Olivier Nduhungirehe a fait savoir que c'est dans l'esprit de cette séquence que « le concept des opérations pour la neutralisation des FDLR et le désengagement des forces/levée des mesures de défense du Rwanda » avait été adoptée par la RDC et le Rwanda, d'abord à Luanda lors de la sixième réunion ministérielle du 25 novembre 2024, ensuite à Washington le 27 juin 2025.

« Ce qui est regrettable dans toute cette affaire est que presque deux (2) ans jour pour jour après l'engagement de Christophe Lutundula, la RDC nous a fait entrer dans un cercle vicieux où les médiateurs successifs sont obligés de lui rappeler, encore et encore, ses propres engagements », a-t-il écrit sur X répondant au député national Léonard She Okitundu qui a avancé qu’à travers leurs sanctions, les Etats-Unis ont sommé Kigali à observer un « cessez-le-feu inconditionnel, immédiat et effectif » et à exécuter, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, l’obligation que lui impose la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU.