L’ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Kalev Mutond, est décédé lundi à Paris, à l’âge de 69 ans. Sa disparition a été confirmée par une source familiale. Les circonstances exactes de son décès n’ont pas encore été communiquées.

Kalev Mutond, figure majeure de l’appareil sécuritaire sous la présidence de Joseph Kabila, est décédé lundi 5 octobre à Paris, en France. L’information, rapportée dans la matinée par plusieurs sources congolaises, a été confirmée par sa famille. Selon ces sources, l’ancien patron des renseignements congolais se trouvait dans la capitale française depuis plusieurs mois. La nature de son état de santé ou les causes précises de son décès n’ont, à ce stade, pas été rendues publiques.

Né le 3 mars 1957 et originaire du sud du Katanga, Kalev Mutond avait effectué l’essentiel de sa carrière au sein des services de renseignement congolais. Après avoir progressivement gravi les échelons de l’appareil sécuritaire, il est nommé à la tête de l’ANR en octobre 2011. Il conservera cette fonction jusqu’en 2019, soit près de huit années, une longévité exceptionnelle à la direction des services de renseignements sous le régime de Joseph Kabila.

Une figure centrale du système sécuritaire de l’ère Kabila

Pendant ses années à la tête de l’ANR, Kalev Mutond s’impose comme l’un des hommes les plus influents du dispositif sécuritaire congolais. Proche de Joseph Kabila, il est régulièrement présenté comme l’un de ses principaux collaborateurs dans les questions de renseignement et de sécurité.

Son nom est toutefois associé à de nombreuses controverses. Des organisations de défense des droits humains et plusieurs instances internationales l’ont accusé d’avoir joué un rôle dans des arrestations arbitraires et des mauvais traitements visant notamment des opposants politiques, des militants de la société civile et des défenseurs des droits humains. Ces accusations ont contribué à faire de lui une personnalité particulièrement controversée du régime Kabila.

En décembre 2016, les États-Unis l’ont placé sous sanctions, dans le contexte des mesures prises contre plusieurs responsables congolais accusés d’être impliqués dans la répression politique. L’Union européenne lui a ensuite imposé des mesures restrictives en mai 2017. Dans ses décisions, l’UE faisait notamment état de son implication présumée dans des arrestations arbitraires, des détentions et des mauvais traitements.

Ces sanctions ont durablement marqué l’image internationale de l’ancien patron de l’ANR, qui demeurait pourtant une personnalité influente dans les cercles proches de l’ancien président congolais.

Des poursuites après l’alternance

Après le départ de Joseph Kabila de la présidence en janvier 2019, Kalev Mutond quitte la direction de l’ANR. Il reste néanmoins actif dans la sphère politique et est notamment présenté comme ayant exercé des fonctions de conseiller auprès du Premier ministre de l’époque.

Son nom réapparaît ensuite dans des procédures judiciaires en République démocratique du Congo. À partir de 2021, il fait l’objet d’un avis de recherche dans le cadre de plaintes faisant état, notamment, d’arrestations arbitraires, de traitements cruels, inhumains ou dégradants et de tortures présumées. Il était également visé par des accusations plus graves formulées par certains plaignants.

Après plusieurs mois passés hors du pays, Kalev Mutond rentre en RDC en 2022. L’année suivante, le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa-Gombe met fin à l’avis de recherche qui le visait. Dans une correspondance datée du 10 août 2023, le procureur général indique que « les raisons qui ont justifié cet avis de recherche ne subsistent plus ».

Une disparition qui clôt un parcours controversé

Avec la mort de Kalev Mutond disparaît l’une des figures les plus emblématiques des services de renseignement de l’ère Joseph Kabila. Son parcours, marqué par une ascension au sommet de l’appareil sécuritaire, une proximité assumée avec l’ancien chef de l’État et de lourdes accusations liées aux droits humains, aura accompagné une période particulièrement sensible de l’histoire politique récente de la RDC.

À Paris, où il est décédé lundi, les circonstances précises de sa disparition restent encore à établir ou à être communiquées officiellement. Un éventuel communiqué de la famille devrait permettre d’apporter davantage de précisions sur les derniers moments de l’ancien chef de l’ANR.