Réagissant à la récente sortie médiatique de la Coalition Article 64 qui réunit les partis politiques de l'opposition qui disent défendre l'ordre constitutionnel et qui a renvoyé dos-à-dos Félix Tshisekedi et Joseph Kabila dénonçant une volonté de l’actuel chef de l’Etat congolais de vouloir s’éterniser au pouvoir illégalement tout comme le recours aux armes par l’ancien chef de l’Etat congolais pour reconquérir le pouvoir ; Corneille Nangaa a accusé les membres de son présidium de passer à côté de leur mission de défendre la loi fondamentale de la RDC.

Sur X, le vice-président du Front pour la Refondation de la Nation, le nouveau mouvement politico-militaire présidé par Joseph Kabila qui a succédé à l’AFC/M23 et qui a pour objectif déclaré de mettre fin à la tyrannie et de refonder l’Etat ; a affirmé que ces derniers ont renoncé à leur engagement signifiant que leur lutte de défense de la Constitution est devenue celle d’un dialogue inclusif et désormais celle d’une médiation : « Hier défenseur, aujourd’hui solliciteur, demain arbitre. À force de chercher le juste milieu, on risque de perdre jusqu’au sens du juste », a-t-il écrit.

« À nos amis de la Coalition Article 64, nous posons donc cette question avec la déférence qui vous est due et la franchise qu’exige la vérité : Au nom de qui prétendez-vous arbitrer ? Et entre qui et qui ? », a il poursuivi Corneille Nangaa estimant que si l’on peut négocier une sortie de crise, « on ne saurait mettre sur le même plan la Constitution et sa violation. »

« On ne demande pas à une demeure en flammes de composer avec l’incendiaire ; On n’invite pas la victime d’un viol à trouver un accommodement avec celui qui l’a souillée ; Et l’on ne marchande pas la moitié d’une loi fondamentale avec ceux qui rêvent de la déchirer pour s’offrir un troisième mandat », a-t-il martelé soutenant que « le courage politique ne consiste pas à se tenir à égale distance du droit et de sa négation mais plutôt à savoir où se trouve le droit, et à ne pas s’en écarter. »

Donnant pour le Général Charles de Gaulle qui avait appelé en 1940 à résister alors que la France choisissait l’armistice, Corneille Nangaa a présenté la ville de Goma, QG du FRN (ex-AFC/M23) comme « la terre de résistance congolaise. »

Il a ainsi rappelé que les évêques de la CENCO et de l’ECC y sont venus tout comme des hauts représentants des Nations unies et de l’Union européenne, ainsi que d’anciens chefs d’État engagés dans les démarches de l’Union africaine.

« La RDC libre ne ferme ses portes à personne. Alors, chers amis de la C64, si vous souhaitez nous rencontrer, venez à Goma. Vous y serez accueillis avec considération et avec honneur — non comme des arbitres prétendant départager la Constitution et ceux qui la transgressent, mais comme les défenseurs du droit que vous entendiez être à votre naissance », a-t-il conclu soulignant que la Constitution n’est pas une faveur que le pouvoir accorde au peuple mais la limite que le peuple impose au pouvoir.