Réagissant à la récente sortie médiatique de la Coalition Article 64 qui réunit les partis politiques de l'opposition qui disent défendre l'ordre constitutionnel et qui a renvoyé dos-à-dos Félix Tshisekedi et Joseph Kabila dénonçant une volonté de l’actuel chef de l’Etat congolais de vouloir s’éterniser au pouvoir illégalement tout comme le recours aux armes par l’ancien chef de l’Etat congolais pour reconquérir le pouvoir ; Corneille Nangaa a accusé les membres de son présidium de passer à côté de leur mission de défendre la loi fondamentale de la RDC.
Sur X, le vice-président du Front pour la Refondation de la Nation, le nouveau mouvement politico-militaire présidé par Joseph Kabila qui a succédé à l’AFC/M23 et qui a pour objectif déclaré de mettre fin à la tyrannie et de refonder l’Etat ; a affirmé que ces derniers ont renoncé à leur engagement signifiant que leur lutte de défense de la Constitution est devenue celle d’un dialogue inclusif et désormais celle d’une médiation : « Hier défenseur, aujourd’hui solliciteur, demain arbitre. À force de chercher le juste milieu, on risque de perdre jusqu’au sens du juste », a-t-il écrit.
« À nos amis de la Coalition Article 64, nous posons donc cette question avec la déférence qui vous est due et la franchise qu’exige la vérité : Au nom de qui prétendez-vous arbitrer ? Et entre qui et qui ? », a il poursuivi Corneille Nangaa estimant que si l’on peut négocier une sortie de crise, « on ne saurait mettre sur le même plan la Constitution et sa violation. »
ON NE TRANSIGE PAS ENTRE LA CONSTITUTION ET CEUX QUI LA VIOLENT ! 1. Il est des glissements si discrets qu’ils finissent par ressembler à des renoncements, à la démission. Et certains renoncements blessent davantage lorsqu’ils émanent de ceux en qui un peuple avait déposé ce qu’il lui restait d’espérance. 2. À l’origine, la #C64 portait une mission d’une limpidité presque austère, inscrite dans l’article même dont il tire son nom : "Défendre la Constitution". Cette Constitution pour laquelle des Congolais sont tombés, et tombent encore, sous les matraques et les gaz lacrymogènes, dans les rues de Kinshasa, de Lubumbashi de Kindu, de Kisangani.... Puis, insensiblement, les mots se sont déplacés. La défense de la Constitution est devenue dialogue inclusif; le dialogue, médiation. 3. Hier défenseur, aujourd’hui solliciteur, demain arbitre. À force de chercher le juste milieu, on risque de perdre jusqu’au sens du juste. 4. À nos amis de la Coalition Article 64, nous posons donc cette question avec la déférence qui vous est due et la franchise qu’exige la vérité : au nom de qui prétendez-vous arbitrer ? Et entre qui et qui ? 5. Certes, on peut négocier une sortie de crise. Tenez en revanche : (i) On ne saurait, mettre sur le même plan la Constitution et sa violation; (ii) On ne demande pas à une demeure en flammes de composer avec l’incendiaire; (iii) On n’invite pas la victime d’un viol à trouver un accommodement avec celui qui l’a souillée; (iv) Et l’on ne marchande pas la moitié d’une loi fondamentale avec ceux qui rêvent de la déchirer pour s’offrir un troisième mandat. Le courage politique ne consiste pas à se tenir à égale distance du droit et de sa négation. Il consiste à savoir où se trouve le droit, et à ne pas s’en écarter. 6. En juin 1940, lorsque la France officielle choisissait l’armistice, un général presque seul fit entendre sa voix depuis Londres. Charles de Gaulle ne proposa aucune médiation entre la capitulation et la liberté. Il appela à résister et proclama : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » 7. Aujourd’hui, à nos yeux, La terre de résistance congolaise porte un nom : #Goma. Le Congo libre. Les évêques de la CENCO et de l’ECC y sont venus. Des hauts représentants des Nations unies et de l’Union européenne, ainsi que d’anciens chefs d’État engagés dans les démarches de l’Union africaine, y ont également été reçus. La #RDC libre ne ferme ses portes à personne. 8. Alors, chers amis de la C64, si vous souhaitez nous rencontrer, venez à Goma. Vous y serez accueillis avec considération et avec honneur — non comme des arbitres prétendant départager la Constitution et ceux qui la transgressent, mais comme les défenseurs du droit que vous entendiez être à votre naissance. 9. Car, selon la maxime de John Locke, « Là où finit la loi, commence la tyrannie. » Et lorsqu’une nation commence à négocier ce qui devait précisément la protéger de l’arbitraire, elle risque de transformer sa Constitution en simple parchemin livré aux caprices des puissants. 10. La Constitution n’est pas une faveur que le pouvoir accorde au peuple. Elle est la limite que le peuple impose au pouvoir. Voilà pourquoi sa défense ne saurait devenir une monnaie d’échange. La flamme ne doit pas s’éteindre. Seule la lutte libère ! Soyez les bienvenus à Goma.
— Corneille Nangaa (@CNangaa) October 29, 2026
« On ne demande pas à une demeure en flammes de composer avec l’incendiaire ; On n’invite pas la victime d’un viol à trouver un accommodement avec celui qui l’a souillée ; Et l’on ne marchande pas la moitié d’une loi fondamentale avec ceux qui rêvent de la déchirer pour s’offrir un troisième mandat », a-t-il martelé soutenant que « le courage politique ne consiste pas à se tenir à égale distance du droit et de sa négation mais plutôt à savoir où se trouve le droit, et à ne pas s’en écarter. »
Donnant pour le Général Charles de Gaulle qui avait appelé en 1940 à résister alors que la France choisissait l’armistice, Corneille Nangaa a présenté la ville de Goma, QG du FRN (ex-AFC/M23) comme « la terre de résistance congolaise. »
Il a ainsi rappelé que les évêques de la CENCO et de l’ECC y sont venus tout comme des hauts représentants des Nations unies et de l’Union européenne, ainsi que d’anciens chefs d’État engagés dans les démarches de l’Union africaine.
« La RDC libre ne ferme ses portes à personne. Alors, chers amis de la C64, si vous souhaitez nous rencontrer, venez à Goma. Vous y serez accueillis avec considération et avec honneur — non comme des arbitres prétendant départager la Constitution et ceux qui la transgressent, mais comme les défenseurs du droit que vous entendiez être à votre naissance », a-t-il conclu soulignant que la Constitution n’est pas une faveur que le pouvoir accorde au peuple mais la limite que le peuple impose au pouvoir.