Alors que même le gouvernement congolais multiplie des déclarations affirmant que les Banyamulenge sont bel et bien des congolais, au même titre que toutes les autres communautés ; l’opposant Martin Fayulu est la cible de nombreuses critiques après avoir déclaré que les Banyamulenge « ne sont pas congolais. »
« Il n’y a pas une tribu des Banyamulenge au Congo », a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle de 2023 lors d’une conférence de presse tenue cette semaine à Bruxelles.
Martin Fayulu a par ailleurs dit « ne pas être affecté par les récents massacres des Banyamulenge par les FARDC dans les Hauts plateaux de Fizi en province du Sud-Kivu », avançant que d’autres congolais ont également été massacrés notamment par l’AFC/M23.
En réaction, le coordonnateur de ce mouvement rebelle qui occupe une grande partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a condamné « avec la plus grande fermeté ces propos » les qualifiant d’irresponsables et de dangereux, ajoutant que la RDC n’a pas besoin de nouveaux foyers de division : « La RDC a besoin de dirigeants capables de rassembler, d’apaiser et de réconcilier. La cohésion nationale n’est pas négociable. Personne n’a le droit de décider qui est suffisamment Congolais pour appartenir à la Nation et qui ne le serait pas », a-t-il écrit sur X.
1. Notre pays, la #RDC, traverse une accumulation de crises qui exige de chaque responsable politique mesure, lucidité et sens de l’État. Parmi les plus préoccupantes figure incontestablement l’effritement de la cohésion nationale, alimenté par les discours incendiaires, la… https://t.co/FN1KCzRyzj
— Corneille Nangaa (@CNangaa) August 19, 2026
Il a également signifié que dans la République que veut construire son mouvement « il ne peut y avoir ni Congolais de première catégorie ni Congolais de seconde catégorie » : « Il n’y a que des Congolais, égaux en dignité, en droits et en devoirs devant la République. Les Banyamulenge, comme toutes les autres communautés congolaises, ont droit à la dignité, à la sécurité et à la pleine jouissance des droits que leur reconnaissent la Constitution et les lois de la République », a-t-il poursuivi martelant que c’est notamment contre les logiques d’exclusion, de discrimination et de stigmatisation que l’AFC/M23 inscrit son combat politique pour l’unité nationale, la bonne gouvernance et la démocratie, dans la perspective d’un Congo uni et solidaire, où chaque citoyen jouit des mêmes droits et assume les mêmes devoirs, sans considération de son origine, de son appartenance communautaire ou de la région dont il est issu.
Corneille Nangaa, qui a signifié que contester collectivement l’appartenance nationale d’une communauté, c’est l’exposer à la suspicion, à la marginalisation et au rejet ; a ainsi expliqué que les propos de Martin Fayulu « procèdent d’une lecture mensongère et contestable de l’histoire et de la complexité sociologique de la RDC » et peuvent avoir des conséquences graves dans un pays profondément meurtri par les conflits identitaires et communautaires.