Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a annoncé l’organisation prochaine d’un vaste débat républicain consacré à la question de la révision de la Constitution en République démocratique du Congo.
Invité de l’émission animée par les journalistes Stanis Bujakera et Patient Ligodi, le patron de l’organe de régulation des médias a indiqué que cette initiative sera diffusée sur la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) ainsi que sur une trentaine de médias privés accrédités par le CSAC.
Selon Christian Bosembe, ce dispositif médiatique mobilisera entre quinze et vingt journalistes afin de permettre aux Congolais de s’approprier un débat qu’il estime jusque-là « confisqué » par les acteurs politiques.
« Le peuple congolais doit participer à ce débat. Il ne peut pas rester uniquement entre les mains des politiciens », a-t-il fait savoir, plaidant pour un échange public plus large autour des questions institutionnelles qui divisent actuellement la classe politique congolaise.
« Il ne s’agit pas d’un troisième mandat »
Sur le fond du débat, le président du CSAC s’est montré favorable à l’idée d’un changement de Constitution.
Il a également rejeté l’expression de « troisième mandat », souvent évoquée par les opposants à une éventuelle réforme constitutionnelle.
Pour Christian Bosembe, cette terminologie constitue un usage « frauduleux » des concepts politiques et juridiques.
« Quand on change de Constitution, on parle de nouveaux mandats et non de troisième mandat », a-t-il soutenu, estimant par ailleurs que le refus de certains acteurs politiques de participer au débat démocratique pose également problème.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par des spéculations persistantes autour d’une possible révision de la Constitution de la RDC, sujet qui continue de susciter de vives tensions au sein de l’opinion publique et de la classe politique.
Le CSAC veut encadrer les intervenants politiques dans les médias
Au-delà du débat constitutionnel, Christian Bosembe a aussi annoncé une nouvelle orientation visant à mieux encadrer les interventions politiques dans les médias audiovisuels.
Le président du CSAC souhaite désormais que chaque parti politique transmette officiellement aux médias la liste des personnes habilitées à s’exprimer en son nom sur les plateaux de télévision.
Selon lui, cette mesure vise à limiter les dérives observées dans plusieurs émissions politiques, notamment les insultes, les propos excessifs et les interventions de personnes insuffisamment préparées sur les sujets abordés.
Il a également appelé les journalistes et les responsables des médias à faire preuve de davantage d’exigence dans le choix de leurs invités.
« Il faut élever le niveau du débat public en RDC », a insisté Christian Bosembe, plaidant pour des échanges télévisés plus responsables et davantage centrés sur les idées plutôt que sur les invectives.
Cette annonce du CSAC pourrait relancer le débat sur la liberté d’expression et la régulation des médias dans un contexte politique déjà sensible autour des questions institutionnelles et électorales en République démocratique du Congo.