La République démocratique du Congo intensifie sa riposte contre l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo qui frappe plusieurs provinces de l’Est du pays.
Face à une situation sanitaire jugée alarmante, le gouvernement congolais a annoncé le déblocage de 20 millions de dollars pour soutenir les opérations d’urgence, tout en appelant ses partenaires internationaux à accroître leur engagement financier et logistique.
L’annonce a été faite le 25 mai 2026 par le ministre de la Santé, Roger Kamba, lors du briefing ministériel organisé par Africa Centres for Disease Control and Prevention. Selon les autorités sanitaires congolaises, l’épidémie touche actuellement onze zones de santé réparties entre les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Les chiffres communiqués font état de plus de 900 cas recensés, près de 1 600 contacts suivis et plus de 200 décès suspects. Une situation qui rappelle, par son ampleur et sa gravité, la grande épidémie d’Ebola ayant frappé l’Est de la RDC entre 2018 et 2020.
Le décès récent d’un médecin engagé dans la lutte contre la maladie illustre la violence de cette nouvelle flambée épidémique. Pour Kinshasa, cette perte symbolise les risques extrêmes auxquels sont confrontés les personnels de santé déployés sur le terrain dans un contexte sécuritaire particulièrement instable.
Une mobilisation africaine de près de 500 millions de dollars
Au-delà de la contribution congolaise, les dirigeants africains et les partenaires internationaux ont annoncé une mobilisation financière estimée à près de 500 millions de dollars afin de soutenir la riposte sanitaire.
Réunis le 25 mai 2026 lors d’une réunion ministérielle virtuelle convoquée par Africa Centres for Disease Control and Prevention et Union africaine, les responsables africains ont averti qu’un retard supplémentaire dans le financement des opérations pourrait favoriser une propagation régionale plus large de l’épidémie.
Parmi les contributions annoncées figurent notamment 5 millions de dollars apportés par Afrique du Sud, 5 millions de dollars de la Fondation Gates destinés à Africa CDC, ainsi que 10 millions de dollars supplémentaires accordés à Organisation mondiale de la Santé.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a alerté sur la rapidité de propagation de la maladie, affirmant que les autorités sanitaires « couraient après une épidémie très rapide » après une détection tardive dans l’Est de la RDC. Selon lui, la situation sanitaire risque encore « d’empirer avant de s’améliorer ».
L’absence de vaccin, un véritable défi
Contrairement à d’autres souches du virus Ebola, la variante Bundibugyo ne dispose toujours pas de vaccins ni de traitements homologués à grande échelle. Cette réalité constitue l’un des principaux défis auxquels font face les équipes médicales engagées dans la riposte.
À cela s’ajoute l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, où les attaques contre certaines infrastructures sanitaires et les mouvements de populations compliquent considérablement les opérations de surveillance et de prise en charge des malades.
Face à ces obstacles, les autorités congolaises insistent sur la nécessité d’une solidarité internationale accrue afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire dans la région des Grands Lacs.