À Beni, dans le Nord-Kivu, une nouvelle polémique foncière fragilise le climat social.

Clovis Mutsuva, figure de la jeunesse locale, accuse les autorités militaires d'avoir octroyé une avenue publique à une structure sanitaire privée ; un acte qu’il qualifie de « spoliation » sous couvert de l’état de siège.

Au cœur du quartier Belge, l’avenue Mungwana est au centre de toutes les tensions.

Selon une vidéo transmise à la presse par Clovis Mutsuva, cette voie publique aurait été cédée à l’hôpital UNICHIR, une structure médicale d'origine belge implantée dans la zone.

Pour ce leader d'opinion, il ne s'agit pas d'un simple aménagement urbain, mais d'un accaparement pur et simple du domaine public avec la complicité des autorités provinciales.

Dans son plaidoyer, Clovis Mutsuva lie directement cette situation à la gouvernance exceptionnelle en vigueur dans la région depuis 2021 : « Quand nous vous disons qu'il faut mettre fin à l'état de siège, c'est parce que les dégâts sont énormes », martèle-t-il.

Le militant dénonce une contradiction : l'argument d'un « projet d'intérêt communautaire » mis en avant par les autorités pour justifier, selon lui, la spoliation de biens appartenant justement à cette même communauté.

Il appelle désormais le gouverneur militaire du Nord-Kivu à revenir sans délai sur cette décision.

Cette affaire ravive le débat sur la gestion du patrimoine public par l'administration militaire. Au Nord-Kivu, les questions foncières sont souvent le moteur de conflits sociaux persistants, particulièrement dans cette partie de l'Est du pays.