Dans l’Est de la République démocratique du Congo, les violences attribuées aux présumés terroristes ADF continuent de frapper les territoires de Beni et de Lubero, ravivant les critiques sur l’efficacité de l’état de siège et de l’opération militaire Sokola 1.

Selon des sources locales, plus de dix localités ont été attaquées en six mois, faisant plus de 260 morts parmi les civils et provoquant de nombreux dégâts matériels.

Les localités touchées incluent Byambwe, Makoko, Mayba, Ntoyo, Mabasele, Mamove et Mbau.

« En seulement quelques mois, plus de dix localités ont été attaquées et des centaines de civils tués, alors que la région est fortement militarisée », a déclaré Loswire Shabani, activiste des droits humains basé à Beni.

Il s’interroge sur l’efficacité de l’état de siège instauré depuis 2021 pour restaurer l’autorité de l’État et neutraliser les groupes armés : « Comment peut-on continuer à enregistrer autant de morts sur un territoire d’environ 170 kilomètres, alors que des soldats y sont déployés, nourris et payés par les contribuables congolais ? »

Pour Shabani, l’état de siège est un échec : « Les militaires doivent quitter l’administration et se consacrer pleinement au combat, sinon nous périrons lentement », affirme-t-il.

Il appelle également à une évaluation de l’opération Sokola 1, et à la mise en place de solutions alternatives si nécessaire.

L’activiste insiste sur la dimension humaine de la crise : « Nos morts ne sont pas des chiffres. Ce sont des vies humaines et des familles détruites. »

Selon la société civile, au moins 63 civils ont été tués depuis début 2026 dans les territoires de Lubero (52 morts) et Beni (11), lors d’attaques attribuées aux rebelles ADF.

Les violences ont provoqué d’importants dégâts matériels et le déplacement de milliers de familles.