Bien décidé à rester pour indéfiniment dans les zones qu’il contrôle au Nord-Kivu et au Sud-Kivu où il consolide son autorité avec l’installation d’une véritable administration parallèle remplissant quasiment toutes les missions d’un Etat depuis plus d’un an ; l’AFC/M23 a rendu publique cette semaine une nouvelle nomenclature fiscale reprenant une longue liste de taxes et impôts qu’il va désormais percevoir dans cette partie du pays.

Fanny Kayemb, cheffe adjointe du département des finances du mouvement rebelle avance que cette démarche marque « une rupture claire avec un système fiscal longtemps dominé par l’opacité, la désorganisation et les antivaleurs » : « Ce n’est pas un simple document. C’est le socle d’un nouvel ordre fiscal et économique », a-t-elle déclaré devant des représentant de la Fédération des entreprises du Congo.

Parmi les taxes et impôts retenus dans cette nouvelle nomenclature il y a notamment l’impôt sur le salaire des nationaux et des expatriés, celui sur la rémunération de la main d’œuvre occasionnelle, l'impôt sur les bénéfices réalisés par l’entreprise ou encore la TVA évalués entre 15% et 30% ; signe que tout le monde est concerné.

Une nouvelle qui risque de contrarier une bonne partie de la population qui fait toujours face à de multiples difficultés socioéconomiques qui découlent de la situation de la guerre.

Déjà, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la perception d’une taxe d’assainissement de la ville de 6.000 francs par ménage et par mois ; une initiative présentée par le mouvement rebelle comme une contrepartie des services rendus par l'hôtel de la ville à la population.

Mais pour certains analystes, ces fonds sont en grande partie canalisés dans les efforts de guerre du mouvement rebelle qui menace toujours de poursuivre sa marche jusqu’à Kinshasa.