La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a ouvert, ce jeudi 4 juin 2026, l’audience publique opposant le Ministère public à dix hauts gradés des Forces armées de la RDC (FARDC) parmi lesquels le général d’armée Christian Tshiwewe Songesa, ancien chef d’état-major général des FARDC, arrêté depuis juillet 2025.

Cette procédure judiciaire, considérée comme l’une des plus retentissantes impliquant des officiers supérieurs de l’armée congolaise, porte sur des accusations particulièrement graves.

Les prévenus sont poursuivis notamment pour complot contre les institutions de la République, trahison, apologie du terrorisme, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre ainsi qu’incitation des militaires à l’indiscipline.

Parmi les officiers traduits devant la Haute Cour militaire figure également le général de brigade Ngoyi wa Kabila John, connu pour avoir été officier d’ordonnance de l’ancien président Joseph Kabila.

Le général John Numbi Banza Ntambo, ancien Inspecteur général de la Police nationale congolaise, compte aussi parmi les principaux accusés.

Toutefois, son absence à l’audience a été constatée par la Cour, confirmant qu’il demeure introuvable à ce jour.

Le ministère public le considère comme le cerveau présumé de la conspiration.

Selon l’accusation, John Numbi aurait, depuis le Zimbabwe où il se serait réfugié après sa désertion en 2021, coordonné à distance le réseau des conjurés.

Le parquet militaire l’accuse notamment d’avoir financé le complot à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars et d’avoir publiquement appelé les militaires à renverser le président Félix Tshisekedi.

Jugé par défaut, l’ancien patron de la police congolaise reste activement recherché.

Le seul civil dans ce procès, Pascal Nyembo Muyumba, également absent à l’ouverture de l’audience, sera lui aussi poursuivi par défaut.

D’après l’acte d’accusation, il aurait joué un rôle central dans la coordination et le financement du réseau soupçonné de préparer un renversement armé du régime constitutionnel congolais.

Les charges retenues contre le général Christian Tshiwewe Songesa apparaissent particulièrement lourdes.

Le parquet militaire affirme qu’un important arsenal de guerre a été découvert dans sa résidence située dans la commune de la Gombe à Kinshasa lors d’une perquisition menée le 9 juillet 2025.

Les autorités évoquent la saisie de 92 fusils d’assaut de type Kalachnikov, de 12 lance-roquettes RPG-7 ainsi que de milliers de munitions.

L’ancien chef d’état-major des FARDC est également accusé d’avoir participé, entre 2020 et juillet 2025, à un vaste complot armé visant à renverser l’ordre constitutionnel en RDC en collaboration avec plusieurs co-prévenus.

L’ouverture de ce procès intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en République démocratique du Congo, alors que les autorités affirment vouloir renforcer la discipline au sein des forces de défense et sanctionner toute tentative de déstabilisation des institutions de l’État.