En République démocratique du Congo, le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a organisé, mercredi 22 juillet, une marche pacifique à Beni, dans la province du Nord-Kivu. À l'issue de cette mobilisation, les manifestants ont remis un mémorandum au maire de la ville, dans lequel ils réclament des mesures urgentes pour renforcer la protection des civils et dénoncent ce qu'ils qualifient de répression des voix critiques.

Dans ce document, la LUCHA affirme que plus de cinquante civils ont été tués par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) depuis le début du mois de juin dans plusieurs localités situées autour de Beni, notamment Ngadi, Mavivi, Munzambayi, Sayo, Manzanza, Makomite et Mangina. Selon le mouvement, cette recrudescence des attaques met en évidence les limites du dispositif sécuritaire actuellement en place et contribue à aggraver la crise humanitaire, avec l'arrivée de nouveaux déplacés dans la ville de Beni.

Le mémorandum dénonce également une détérioration du climat des libertés publiques sous le régime de l'état de siège. La LUCHA évoque notamment le cas de Kakule Mutsuva Clovis, qu'elle présente comme étant détenu sans accusation clairement établie. Le mouvement affirme par ailleurs que plusieurs activistes et leaders communautaires seraient confrontés à des intimidations ou menacés de poursuites en raison de leurs prises de position.

Autre sujet de préoccupation soulevé par les militants : le projet de révision de la Constitution. La LUCHA estime que, dans le contexte actuel marqué par l'insécurité persistante dans l'est du pays, les priorités nationales devraient être la protection des populations, le rétablissement de la paix et le renforcement de l'État de droit, plutôt que l'ouverture d'un débat sur une réforme constitutionnelle.

Dans ses recommandations, le mouvement demande au gouvernement central de lever l'état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, de libérer les personnes qu'il considère comme détenues pour des motifs politiques et d'ouvrir une enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires. Il exhorte également les autorités provinciales et municipales à renforcer les mécanismes de protection des civils, à intensifier la lutte contre la criminalité urbaine et à améliorer la collaboration avec les organisations de la société civile. Enfin, la LUCHA appelle les autorités à privilégier le dialogue avec les acteurs citoyens afin de répondre efficacement aux préoccupations de la population.