Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles ougandais des Allied Democratic Forces (ADF) a été signalée dans la nuit de mercredi à jeudi dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, ravivant l’inquiétude des habitants face à la persistance de l’insécurité dans cette région de l’est de la République démocratique du Congo.

Selon plusieurs sources locales, les assaillants ont fait incursion vers 3 heures du matin dans le quartier Boikene, précisément dans la cellule Munzambaye, située non loin de la résidence du gouverneur militaire du Nord-Kivu.

Les premières informations font état de plusieurs personnes prises en otage par les rebelles. Un conducteur de moto-taxi ainsi qu’un jeune garçon auraient également été tués lors de cette attaque. D’autres sources locales évoquent un bilan provisoire d’au moins trois morts.

Alertées, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont rapidement intervenues afin de repousser les assaillants et limiter les dégâts. Des échanges de tirs ont été entendus dans plusieurs secteurs de la ville durant l’opération.

Une autre attaque aurait été enregistrée aux environs de 5h30 du matin dans la localité de Mbunzambayi, située dans la commune de Ruwenzori, toujours en ville de Beni. Les rebelles ADF y auraient mené une offensive, accentuant davantage le climat de peur au sein de la population.

Face à cette recrudescence des violences, une vive tension a gagné le centre-ville de Beni ce jeudi matin. Des conducteurs de motos-taxis sont descendus spontanément dans les rues pour dénoncer la détérioration de la situation sécuritaire et exiger des mesures fortes pour protéger les civils.

Les manifestants, en colère après les nouvelles attaques, ont exprimé leur ras-le-bol avant d’être dispersés par les forces de l’ordre. Des tirs ont ensuite été entendus dans plusieurs secteurs du centre-ville, provoquant un mouvement de panique parmi les habitants et perturbant momentanément les activités socio-économiques.

Cette nouvelle série d’attaques intervient alors que la région de Beni demeure confrontée depuis plusieurs années aux exactions répétées des rebelles ADF, accusés de nombreux massacres de civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.