La très controversée problématique de changement de la constitution portée et assumée par le président Félix Tshisekedi qui veut coûte que coûte doter le pays d’une nouvelle constitution, continue de susciter de vives réactions.

Alors que l’assemblée nationale a adopté une loi sur le référendum qui fait débat et qui est décriée par l’opposition ; l’ancien président Joseph Kabila a également réitéré son opposition à cette démarche.

Dans un message publié ce vendredi 12 juin 2026, Joseph Kabila, qui avait déjà alerté sur le risque de « soudanisation » de la RDC si rien n’est entrepris rapidement pour mettre fin à la crise en cours dans le pays qui pour lui « est gouverné de manière arrogante, liberticide, prédatrice, et profondément discriminatoire à l’égard de plusieurs catégories de citoyen. »

« Je n’ai pas toujours été entendu, moins encore compris, ceux pour qui l'intérêt personnel ou partisan prime sur l'intérêt général, s'évertuant à user de toutes les techniques de manipulation des masses, pour dénaturer mes propos, en détourner le sens, et ainsi dissimuler au peuple la vraie nature et les conséquences négatives de leurs politiques, cause première des maux dont souffre le pays », a-t-il déclaré estimant que par l'adoption de la loi référendaire à l’Assemblée nationale, le pouvoir vient de lever toute ambiguïté sur ses véritables intentions dont celle de changer la Constitution.

Pour Joseph Kabila l’actuelle constitution de la RDC est une expression suprême du pacte républicain qui unit les diverses composantes de la Nation congolaise, et qui constitue le fondement même de notre vivre-ensemble : « Il ne s’agit donc pas d’allégations, de rumeurs ou de suppositions. Il ne s’agit pas non plus d’accusations formulées par l’opposition pour discréditer le régime, comme ce fut le cas en 2015 et en 2016. Nous sommes plutôt face à un choix politique assumé, revendiqué et publiquement défendu par ceux qui exercent le pouvoir. La forfaiture est manifeste. La trahison de son serment constitutionnel par le premier d'entre eux, est désormais incontestable et de notoriété publique. Personne ne pourra donc prétendre, demain, qu’il ne savait pas », a-t-il poursuivi signifiant que cette loi référendaire « est un pas décisif qui vient d’être franchi vers la consolidation de la tyrannie et l’instauration d’un pouvoir sans limite prévisible, ni perspective crédible d’alternance politique démocratique. »

« Notre pays est ainsi progressivement transformé en une véritable cocotte-minute, prête à exploser, parce que privé de la respiration démocratique indispensable à sa stabilité et à sa cohésion. Sauf à se rendre complice de ce qui constitue un véritable complot contre la Nation, la République et la démocratie, aucun Congolais conscient de ses droits, et soucieux de son avenir et de celui de ses enfants, ne peut rester indifférent ou simple spectateur », a-t-il soutenu.

Pour lui, ce qui est en jeu dépasse les intérêts des partis politiques ou des individus :  « Ce qui est en jeu, c’est la survie même du Congo. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir des générations futures. La responsabilité de défendre notre pays et de préserver notre avenir nous incombe, à nous congolais », a-t-il ajouté avançant que qu’aucun partenaire extérieur, « quelle que soit sa bienveillance et sa bonne volonté », ne peut se préoccuper plus que les congolais de la promotion et la défense de leurs intérêts.  

« Face à la décision du pouvoir, de changer la Constitution, en dépit des risques certains que cela fait courir au pays, je me dois donc de rappeler, que l’article 64, alinéa premier de notre Constitution dispose que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exerce le pouvoir en violation de la Constitution. Il ne s’agit pas seulement d’un droit. Il s’agit d’un devoir patriotique. En conséquence, je marque ma ferme opposition à ce projet de changement de la constitution attentatoire au contrat social, et en appelle à un sursaut national, et à la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation, sans distinction d’origine, de province, de religion, de langue, de condition sociale ou d’appartenance politique », a-t-il déclaré exhortant l’ensemble de la population congolaise à soutenir massivement toutes les initiatives, et à participer activement à toutes les actions, annoncées ou qui vont être annoncées, par les forces politiques et sociales, engagées dans la défense de la Constitution et des acquis démocratiques.

« Que chaque famille, chaque avenue, chaque quartier, chaque village et chaque ville de notre pays devienne un mirador pour la détection précoce et la dénonciation des atteintes aux libertés publiques, aux droits des citoyens et aux exigences de bonne gouvernance. Qu'ils soient autant de cellules de résistance citoyenne et de défense de la démocratie », a-t-il conclu.