En quête de sérénité face aux vents d'instabilité qui soufflent sur l'est de la République démocratique du Congo (RDC), des milliers de réfugiés se retrouvent pris au piège d'une crise humanitaire silencieuse au Burundi voisin.
Passy Mukoma Le Parrain, Président de la Fondation Le Parrain et Ambassadeur Universel de la Paix, tire la sonnette d'alarme après une visite de terrain au centre de transit de Cishemere.
Un site au bord de l'asphyxie
Situé dans la province de Cibitoke, au nord-ouest du Burundi, le centre de transit de Cishemere est aujourd'hui le miroir d'une détresse qui dépasse les capacités d'accueil locales. Initialement conçu pour abriter 750 familles, le site en accueille désormais plus du triple.
Selon les observations de Passy Mukoma Le Parrain, près de 8.800 personnes, réparties dans 2.310 ménages, s'y entassent dans des conditions qu'il qualifie « d'inhumaines ».
Parmi ces rescapés de la guerre : 3 880 enfants et 1 300 femmes.
« Ces hommes, ces femmes et ces enfants ne sont pas là par choix. Ils ont fui les violences aveugles et les combats acharnés entre les rebelles du M23 et les forces gouvernementales dans le Sud-Kivu », souligne celui qui se présente comme l'Ambassadeur Universel de la Paix.
« Loin des caméras » : Une absence de soutien
Le constat dressé par le Président de la Fondation Le Parrain est sans appel : le manque de visibilité médiatique de cette crise freine l'aide d'urgence. Sur place, aucune assistance significative du gouvernement congolais ni des grandes organisations internationales n'est actuellement déployée pour soulager ces milliers de compatriotes congolais.
La promiscuité et la faim ne sont pas les seuls défis. Pour les familles, l'espoir d'une vie meilleure se heurte à un mur bureaucratique.
Une génération sacrifiée par la bureaucratie
Le statut de réfugié, sésame indispensable pour accéder à des camps plus stables comme celui de Giharo, est au cœur du problème. La procédure, gérée par l'Office National de Protection des Réfugiés et des Apatrides (ONPRA), est jugée trop lente.
« Pour ces milliers d'enfants congolais, l'école est devenue un souvenir lointain, remplacé par une attente bureaucratique qui semble sans fin. » Passy Mukoma Le Parrain.
Les évaluations individuelles peuvent durer plus d'un an. Pendant ce temps, la scolarisation des enfants est totalement interrompue, laissant craindre l'émergence d'une « génération perdue » dans la poussière de Cishemere.
Un appel à la solidarité internationale
Face à ce qu'il décrit comme une « catastrophe humanitaire majeure », Passy Mukoma Le Parrain appelle la communauté internationale et les acteurs humanitaires à réagir d'urgence. Pour lui, il ne s'agit plus seulement de chiffres, mais de vies humaines qui ont tout perdu, sauf l'espoir d'être enfin entendues.