Le ministre rwandais des affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe est revenu sur la très controversée « collaboration sécuritaire entre l’AFC/M23 et le Rwanda », reconnue par l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, Mathilde Mukantabana lors d’une session spéciale de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis consacrée à l’audition de la sous-secrétaire adjointe américaine aux Affaires africaines Sarah Troutman sur la situation de crise en RDC, marquée par la guerre contre le M23 à l’Est du pays.
Le chef de la diplomatie rwandaise, qui a souligné que l’AFC/M23 reste un mouvement congolais avec ses propres revendications politiques, a affirmé qu’il a, avec le Rwanda, un intérêt commun qui est la lutte contre les FDLR : « Il est normal que dans ce cas de figure, il y ait une coordination sécuritaire entre le Rwanda et l’AFC/M23, d’autant plus que ce mouvement contrôle toute la frontière entre la RDC et le Rwanda », a-t-il déclaré dans une émission sur la télévision publique rwandaise réitérant que la déclaration de l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, « n’est nullement un aveu du soutien de Kigali au l’AFC/M23 », martelant que les deux entités sont distinctes et ont des revendications distinctes.
“Il est vrai que l’AFC/M23 et le Rwanda ont un intérêt commun. […]. Il est normal qu’il y ait une coordination sécuritaire entre des entités qui ont un intérêt commun à ce que ce mouvement génocidaire soit éradiqué.”| Ministre @onduhungirehe dans une interview avec @rbarwanda… pic.twitter.com/voWGN3prye
— Ministry of Foreign Affairs & Int'l Cooperation (@RwandaMFA) January 31, 2026
Revenant sur l'historique des processus de médiation entrepris depuis 2022, Olivier Nduhungirehe a accusé Kinshasa de manque de sérieux, disant toute fois espérer que la médiation de l'Union Africaine aboutira cette fois : « La médiation des États-Unis et celle de l’Union africaine (UA) se complètent. Les accords de Washington concernent le Rwanda et la RDC, et ont déjà été signés l’année dernière. Ils comprennent des dimensions sécuritaires, notamment la neutralisation des FDLR, ce qui permettra au Rwanda de lever ses mesures de défense. Il y a également un volet relatif à la coopération économique entre les deux pays », a-t-il déclaré.
Pour ce qui est des accords de Doha, le chef de la diplomatie rwandaise a rappelé que ceux-ci concernent le gouvernement congolais et l’AFC/M23 : « Ces accords ne doivent pas être modifiés. Ce sont de bons accords, issus de discussions, et qui doivent permettre de résoudre les problèmes tels que nous nous sommes tous convenus. Nous ne souhaitons donc pas que l’UA ou les médiateurs initient de nouvelles négociations. Ce que nous demandons, c’est qu’ils soutiennent les médiateurs qui étaient là auparavant, c’est-à-dire les États-Unis et le Qatar, afin d’aider à la mise en œuvre des accords de Washington et aider à la conclusion des discussions sur les huit protocoles restants de Doha, afin de voir comment ramener la paix dans la sous-région des Grands Lacs, en particulier dans l’est de la RDC », a-t-il conclu.