La menace d’une propagation régionale du virus Ebola continue de provoquer une onde de choc diplomatique et sanitaire autour de la République démocratique du Congo. Après le Rwanda, les autorités ougandaises ont à leur tour annoncé une série de mesures drastiques visant à limiter les risques de contamination transfrontalière.

Kampala a décidé de suspendre plusieurs liaisons aériennes entre l’Ouganda et la RDC, tout en renforçant les patrouilles le long des frontières communes. Les autorités sanitaires ougandaises affirment vouloir empêcher toute entrée potentielle de cas liés à l’épidémie du virus Ebola de souche Bundibugyo, qui suscite une vive inquiétude dans la région des Grands Lacs.

Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte de vigilance internationale accrue. Depuis le 21 mai, les États-Unis appliquent des restrictions strictes à l’égard des voyageurs ayant séjourné ou transité en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud durant les trois dernières semaines. Désormais, ces voyageurs ne peuvent entrer sur le territoire américain que par l’aéroport international de Washington-Dulles, en Virginie, où des contrôles sanitaires renforcés ont été mis en place.

Washington va encore plus loin pour les ressortissants étrangers. Les non-Américains et les non-résidents permanents ayant récemment transité par ces pays se voient interdire l’accès au territoire américain. Ces mesures ont déjà provoqué des perturbations dans le trafic aérien international. Un vol d’Air France reliant Paris à Détroit a notamment été dérouté vers Montréal afin d’y débarquer un ressortissant congolais concerné par les nouvelles dispositions.

Dans le même temps, le département d’État américain déconseille formellement à ses citoyens tout voyage en RDC, en Ouganda et au Soudan du Sud, évoquant les risques liés à l’épidémie d’Ebola.

Face à cette situation préoccupante, les Nations unies ont annoncé une allocation d’urgence de 60 millions de dollars américains destinée à accélérer la riposte sanitaire en RDC et dans les pays voisins. Cette enveloppe vise notamment à renforcer les capacités de surveillance épidémiologique, les dispositifs de contrôle aux frontières ainsi que les moyens de prise en charge médicale.

Alors que la région reste marquée par plusieurs précédentes flambées épidémiques, les autorités sanitaires internationales craignent une propagation rapide du virus en raison de l’intensité des mouvements de populations entre les pays concernés. Les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures de confinement et éviter une crise sanitaire de grande ampleur.