Le Président de l’Assemblée Nationale de la République démocratique du Congo (RDC), Aimé Boji Sangara, a effectué ce jeudi 26 février une visite hautement symbolique à Kasindi-Lubiriha, poste frontalier stratégique du Nord-Kivu.

Devant une population éprouvée par des années de violences, le speaker de la chambre basse a plaidé pour un soutien indéfectible aux efforts de paix du gouvernement.

Accueilli par une foule nombreuse à son arrivée à la frontière avec l’Ouganda, Aimé Boji Sangara a tenu un meeting populaire au cœur de la cité de Kasindi.

Le message était clair : la paix ne pourra revenir sans une cohésion nationale derrière les forces de défense et le chef de l’État : « Nous savons que vous êtes fatigués par cette situation ; néanmoins, gardez toujours espoir », a-t-il lancé, reconnaissant l'épuisement des civils face à l'insécurité chronique.

La coalition FARDC-UPDF au centre des débats

Le président de l'Assemblée nationale a profité de cette tribune pour réaffirmer l'importance de la coopération militaire avec le voisin ougandais.

Selon lui, la solution réside dans l'action conjointe pour neutraliser le M23 et les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) : « Nous sommes en coalition avec l’armée ougandaise pour rétablir la sécurité. Le Président de la République ne ménage aucun effort pour restaurer la paix », a-t-il ajouté.

Les conclusions du forum de Beni bientôt sur la table du Président de la République

Cette visite intervient dans après l’organisation d'un forum de trois jours tenu récemment à Beni.

Cette rencontre avait réuni des députés nationaux, des chefs coutumiers, des représentants de l'armée ougandaise et diverses organisations de la société civile congolaise.

Aimé Boji Sangara a ainsi assuré que les résolutions issues de ces assises seraient transmises personnellement au président de la République.

L'objectif est de transformer ces recommandations en actions concrètes pour Sécuriser durablement les entités rurales ; faciliter la reprise des échanges commerciaux, vitaux pour cette zone frontalière ; endiguer définitivement la menace des groupes armés.

Il faut dire que le Nord-Kivu traverse l'une des crises sécuritaires les plus graves de son histoire.

Si la traque des terroristes ADF (affiliés à l'État islamique) se poursuit dans le Grand Nord de la province, la résurgence du M23 plus au sud continue de provoquer des déplacements massifs de populations, rendant la mission des autorités congolaises et de leurs alliés ougandais un peu plus délicate.