Intervenant lors de la 82ème réunion du conseil des ministres tenue le weekend dernier, le Président Félix Tshisekedi a attiré l’attention des membres du Gouvernement sur l’évolution récente de la situation géopolitique internationale, notamment les tensions au Moyen-Orient, qui commencent déjà à affecter les marchés énergétiques et financiers mondiaux.
Il a indiqué que ces développements pourraient entraîner des répercussions indirectes sur l’économie de la RDC, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie ; une inflation importée, des incertitudes sur les exportations minières ainsi que des pressions possibles sur les finances publiques et le marché des changes.
Pour lui, cette conjoncture exige vigilance, cohésion et réactivité même si l’économie nationale « demeure globalement résiliente. »
Félix Tshisekedi a ainsi exhorté le Gouvernement à adopter « une approche anticipative et coordonnée afin d’atténuer les effets de ces chocs externes, de préserver la stabilité macroéconomique et de protéger le pouvoir d’achat de la population. »
A cet effet, il a chargé la Première Ministre de veiller à la mise en œuvre diligente, par les Membres du Gouvernement concernés d’examiner la possibilité de prendre, si les circonstances l’exigent, de mesures temporaires relatives aux prix des denrées de première nécessité ; d’engager des consultations avec les organisations professionnelles afin d’assurer une surveillance accrue des pratiques tarifaires dans le secteur des transports et d’identifier des mécanismes d’atténuation pour les PME ; de garantir la continuité de l’approvisionnement en carburants et d’examiner le renforcement des stocks stratégiques nationaux.
Il a également appelé à organiser une concertation avec les opérateurs miniers afin d’évaluer l’impact de la hausse des coûts énergétiques et de préserver la stabilité des activités du secteur ; de préparer des scénarios budgétaires actualisés pour l’exercice 2026 intégrant différentes hypothèses d’évolution de la conjoncture internationale ; et d’assurer une coordination étroite entre le Gouvernement et la Banque Centrale du Congo en vue de préserver la stabilité du taux de change et, le cas échéant, de prendre des mesures appropriées compatibles avec la gestion optimale des réserves de change.
La RDC pas impactée par la pénurie pour l’instant
De son côté, le Ministre de l’Aménagement du Territoire a, au nom de la Ministre des Hydrocarbures en mission, fait le point de l’impact de la fermeture du détroit d’Ormuz et du canal de Suez sur l’approvisionnement de la RDC en produits pétroliers et des mesures d’atténuation de cette onde de choc, créée par la situation sécuritaire au Moyen-Orient, sur l’économie congolaise.
Il a avancé que la fermeture de ces deux voies par lesquelles transitent respectivement 20% et 10% de la consommation journalière en produits pétroliers au monde perturbe le circuit d'approvisionnement mondial en produits pétroliers.
Mais en ce qui concerne la RDC, il a rassuré que la situation actuelle de l'approvisionnement en produits pétroliers demeure globalement maîtrisée et que es stocks disponibles « permettent d'assurer la couverture des besoins actuels du pays jusqu’au mois de juin », tandis que plusieurs navires transportant des cargaisons de produits pétroliers sont attendus dans les prochaines semaines afin de renforcer les niveaux de stockage et de garantir la continuité de la distribution sur le marché intérieur.
Considérant la tendance haussière des prix moyen frontier commercial (PMF) et son éventuel impact sur les prix à la pompe, une série des mesures à court, moyen et long termes ont été expliquée aux membres du Gouvernement.
Elles visent notamment à préserver l'équilibre du système d'approvisionnement du pays en produits pétroliers, ainsi que l'équilibre budgétaire qui y est intimement lié.
Leur application permettra de renforcer le niveau des stocks et de préserver la stabilité du marché intérieur des produits pétroliers, tout en réduisant les impacts budgétaires et économiques susceptibles de découler de la crise énergétique qui nait à l'échelle internationale.