Lors d’un dîner organisé le vendredi 6 mars dernier à Kigali avec le corps diplomatique accrédité au Rwanda, le président Paul Kagame est revenu sur la guerre contre le M23 à l’Est de la RDC où le Rwanda est pointé du doigt pour son soutien incessant au mouvement rebelle qui occupe désormais une grande partie des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu.

Paul Kagame, qui a réitéré sa position contre les combattants FDLR affirmant que ces derniers sont toujours entretenus par le gouvernement congolais, a affirmé que le Rwanda maintiendra ses mesures défensives tant que les FDLR ne seront pas démantelés » : « Une chose demeure inchangée : le droit et le devoir de chaque nation d'assurer la sécurité de ses frontières et de sa population. Et pourtant, pour des raisons qui nous échappent encore, on demande constamment au Rwanda d’ignorer les menaces qui pèsent sur sa sécurité et de compromettre sa défense nationale », a-t-il déclaré affirmant que les problèmes de sécurité du Rwanda « découlent de la présence continue des FDLR et de leur idéologie extrémiste violente génocidaire. »

Une pression diplomatique à double standard

Revenant sur les accords de Washington, le président rwandais dont l’armée a été sanctionnée par les Etats-Unis qui lui reprochent de continuer de soutenir activement le M23 en violation de ces accords ; a accusé à son tour Kinshasa de soutenir de son côté les FDLR affirmant même que plusieurs des combattants de ce groupe armé « sont toujours intégrée aux FARDC et continuent de cibler les communautés tutsies de la RDC. »

« Par définition, un accord de paix signé devrait lier toutes les parties de manière égale et sa mise en œuvre devrait respecter le texte. Or, ce n'est pas ce que nous avons constaté. Nous observons plutôt qu'une seule partie est censée supporter la quasi-totalité du fardeau », a-t-il signifié.

Paul Kagame a également fait savoir que le Rwanda subit des pressions unilatérales pour appliquer ces accords : « Ces pressions sélectives n'ont fait qu'encourager le gouvernement congolais et tous ses éléments génocidaires affiliés à reprendre les hostilités. Je ne vous demande pas d'approuver toutes les décisions prises par le Rwanda, mais nous vous demandons d'exiger la même rigueur de la part de toutes les parties », a-t-il poursuivi soulignant par ailleurs que « le Rwanda ne transigera pas sur sa sécurité. »

« Dans la situation actuelle, le Rwanda est confronté à un choix impossible : soit tolérer la présence continue des FDLR et de leur réseau croissant de milices, et les laisser se rapprocher de notre frontière, soit nous défendre et en subir les conséquences. Le choix est donc très clair », a-t-il ajouté minimisant les sanctions contre de hauts officiers de son armée et affirmant que « ces sanctions sont un honneur pour les forces de sécurité rwandaises. »

Enfin, le président Pau Kagame a expliqué que son pays veut la paix, mais une paix véritable et durable, sur laquelle il peut bâtir sa prospérité future : « Nous voulons tourner définitivement la page sur la mauvaise politique du passé. Le Rwanda est prêt à lever ses mesures défensives en même temps que la RDC remplit ses obligations au titre des accords de Washington », a-t-il conclu.