Après avoir revendiqué publiquement l’attaque de drones ayant ciblé le 1er février 2026 l’aéroport de Kisangani, l’AFC/M23 est pointé du doigt par la Commission de l’Union africaine qui a signifié que cette attaque a gravement exposé les populations civiles et constitue de ce fait « une violation grave du droit international humanitaire. »
Dans un communiqué, Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine a avancé que les groupes armés non étatiques « ne sauraient invoquer aucune justification politique, sécuritaire ou militaire pour légitimer des actes visant ou mettant en danger des civils ou des infrastructures à usage civil », affirmant que de tels actes sont également de nature à engager la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs et commanditaires, conformément au droit international applicable.
Le Président de la Commission de l’Union africaine condamne l’attaque par drones menée par l’AFC/M23 à #Kisangani.
— African Union (@_AfricanUnion) February 6, 2026
Le Président de la Commission de l’Union africaine, S.E. Mahmoud Ali Youssouf, exprime sa plus vive préoccupation et condamne avec la plus grande fermeté… pic.twitter.com/WP725d8Nng
En réaction, l’AFC/M23 a qualifié de « diffamatoire » la déclaration de la Commission de l’Union africaine déplorant son silence face aux bombardements répétés des forces gouvernementales contre ses positions et contre les populations civiles : « L’AFC/M23 rappelle que, depuis près de deux mois, et plus particulièrement depuis le 22 janvier 2026, les populations civiles de Minimbwe e des Hautes-Plateaux sont confrontées à une intensification significative des opérations militaires menées par des mercenaires étrangers », avance le Secrétaire Permanent du mouvement rebelle, Benjamin Mbonimpa, dans une déclaration publiée le vendredi 6 février dernier.
Celui-ci, qui explique que cette attaque a visé exclusivement des moyens militaires, affirme qu’elle n’a causé « aucune perte civile », et avait pour objectif de protéger les populations innocentes tout en faisant respecter le cessez-le feu consacré par l’Accord de Doha.
« En confirmant cette action défensive sans enquête préalable ni réquisition d’informations contradictoires, la Commission de l’Union Africaine adopte une posture déséquilibrée qui remet en question son impartialité dans le Processus de Paix qu’elle est censée piloter. Elle se positionne de fait en défenseur d’un régime auteur de violences graves contre les civils, plutôt qu’aux côtés des victimes », conclut l’AFC/M23 qui appelle l’Union Africaine à privilégier une approche impartiale, responsable et fondée sur les faits.
RÉACTION DE L'ALLIANCE FLEUVE CONGO / MOUVEMENT DU 23
— Lawrence KANYUKA (@LawrenceKanyuka) February 6, 2026
MARS (AFC/M23) A LA DÉCLARATION DE LA COMMISSION DE L'UNION
AFRICAINE DU 6 FÉVRIER 2026 pic.twitter.com/n1Oez61dFw
Pour rappel, le mouvement rebelle a affirmé avoir réussi à détruire le centre de commandement des drones militaires installé à l’aéroport de Kisangani, une affirmation démentie par le gouvernement congolais qui a assuré que l’ensemble de drones ont été neutralisés avant d’atteindre leur cible, indiquant par ailleurs que le pays suspecté d’être à l’origine de leur fabrication a été identifié et que les enquêtes se poursuivent.