L'AFC/M23 confirme avoir accueilli la semaine dernière à Bunagana dans le territoire de Rutshuru, 15 personnes libérées par Kinshasa dans le cadre du protocole d'échange de prisonniers dans le processus de Doha.

Le mouvement rebelle indique toutefois que des 15 personnes, qui étaient détenues à Makala, à Ndolo et dans les cachots de l'ANR ; seules 9 figuraient sur ses listes de revendications.

Il affirme que de ce groupe il y a un ressortissant ougandais avec qui il n'a aucun lien, tout comme 5 autres personnes arrêtées notamment au Katanga, en Ituri et à Kinshasa, qui ne figurent pas sur la liste remise à la médiation mais qu'il a accepté « puisqu'ils sont des congolais. »

Précisant que cet acte de libération est encourageant, l'AFC/M23 avance qu'il reste insignifiant par rapport aux engagements du gouvernement congolais : « Le régime de Kinshasa doit libérer tous les citoyens exigés par notre mouvement arrêtés au motif de leurs liens présumés avec notre organisation ou même les membres de notre organisation », a-t-il déclaré dans un communiqué rappelant que Kinshasa refuse toujours de reprendre des milliers de militaires des FARDC et des résistants Wazalendo arrêtés sur différentes lignes de front et mis à la disposition du CICR depuis près d'un an.

Aussi, le mouvement rebelle dit craindre que ce refus « serve de prétexte au régime de Kinshasa pour s’abstenir de libérer toutes les personnes qu’il arrêtées et qu’il continue d’arrêter au motif qu’elles seraient en intelligence avec l’AFC/M23. »

Ainsi, le mouvement rebelle exige du régime de Kinshasa « la transmission de la liste compète des détenus en attente de libération ainsi que la présentation d’un calendrier précis et détaillé de leur prochaine libération effective. »

Enfin, l’AFC/M23, tout en dénonçant l’intensification ces derniers jours de bombardements des FARDC contre les populations civiles dans les zones qu’il contrôle ; a réaffirmé son attachement au processus de paix et a appelé le régime de Kinshasa à respecter ses engagements quant à ce, surtout pour ce qui est du protocole sur le cessez-le-feu et celui sur la libération des prisonniers.

Pour rappel, le gouvernement congolais, qui a indiqué que cette libération traduit « sa bonne foi et sa détermination à honorer ses engagements », a pour sa part appelé à l’opérationnalisation effective du Mécanisme Conjoint de Vérification Elargi Plus (MCVE+) afin que les multiples incidents et violations allégués puissent faire l’objet de vérifications indépendantes sur le terrain, conformément aux engagements convenus dans le cadre du processus de Doha.