Dans une adresse aux filles diffusée sur WhatsApp, la journaliste et slameuse congolaise, engagée dans la défense des droits humains, les a exhortées à ne pas renoncer à leurs rêves malgré l'insécurité. Elle a aussi demandé aux parents, aux communautés et aux autorités de garantir leur protection et leur accès à l'éducation.
Journaliste et slameuse engagée dans la défense des droits humains, Odile Tsongo a appelé les filles à la résilience dimanche 11 octobre, à l'occasion de la Journée internationale de la fille, célébrée en République démocratique du Congo (RDC) sous le thème « La vision des filles pour l'avenir ». Dans une adresse aux filles diffusée sur WhatsApp, dont Grands Lacs News a obtenu copie, elle s'est exprimée en tant que jeune fille de l'Est du pays, une région où grandir en tant que fille « reste un défi pour beaucoup ».
« Vous avez le droit d'apprendre, de rêver et d'aspirer à une vie meilleure », a-t-elle déclaré. Elle les a invitées à ne pas se laisser convaincre que leur avenir est sans issue : « Votre situation actuelle ne définit ni votre valeur ni ce que vous pourrez devenir demain. »
Odile Tsongo a rappelé que, dans le Nord-Kivu et en Ituri, les conflits armés bouleversent des vies, déplacent des familles et fragilisent l'avenir de nombreux enfants, particulièrement celui des filles. « Derrière chaque école abandonnée, il y a peut-être une future enseignante, une journaliste, une médecin ou une responsable communautaire dont le rêve est mis en attente », a-t-elle souligné.
Elle a décrit sa vision de l'avenir comme celle d'un monde où aucune fille ne serait obligée de renoncer à ses études à cause de l'insécurité, de subir un mariage précoce ou d'abandonner ses ambitions « simplement parce qu'elle est née fille ».
Une responsabilité partagée
Pour la défenseuse des droits humains, l'effort ne doit pas reposer sur les seules filles. Elle a demandé aux parents, aux communautés et aux autorités d'agir pour garantir leur protection, favoriser leur accès à l'éducation et lutter contre les pratiques qui compromettent leur avenir.
Elle a aussi lié le sort des filles au développement et à la paix. Selon elle, on ne peut parler de développement si les filles sont laissées de côté, ni construire une paix durable si leurs voix ne sont pas entendues.
Les filles ne sont pas seulement l'avenir, mais « des actrices du changement aujourd'hui », a ajouté Odile Tsongo. « Notre avenir ne doit pas se décider sans nous. Il doit se construire avec nous, dans la dignité, la sécurité et l'égalité des chances », a-t-elle conclu.