Un activiste des droits humains, Nick Junior Vusindi, accuse le centre de capture des passeports de Beni en province du Nord-Kivu de pratiques de favoritisme et de traitement inégal des requérants.
Dans un entretien accordé ce jeudi 27 novembre à Grands Lacs News, il affirme que certains agents accordent la priorité à des personnes recommandées par des responsables politico-administratifs ou militaires, au détriment de celles qui respectent les procédures officielles : « Des requérants arrivent tôt, remplissent toutes les formalités, obtiennent l’approbation de l’ANR et sont en règle. Pourtant, des instructions venues de certaines autorités locales font passer d’autres personnes avant eux », dénonce-t-il.
Un centre fréquenté par des requérants venus de plusieurs provinces
Selon l’activiste, les usagers de ce centre ne proviennent pas seulement de Beni.
Certains arrivent de Goma, Bukavu, Butembo, du territoire de Beni, mais aussi de la province de l’Ituri, faute d’infrastructures similaires dans leurs zones d’origine.
Nick Vusindi estime que ces pratiques « discréditent les institutions et alimentent un climat de méfiance. »
Il demande aux responsables du centre de publier quotidiennement la liste complète des requérants pris en charge, afin de garantir davantage de transparence.
Des accusations de corruption persistantes
Depuis le lancement de l’opération de capture des données pour les passeports, plusieurs activistes, acteurs politiques et requérants interrogés par Grands Lacs News évoquent également des cas de corruption.
Alors que le tarif officiel du passeport biométrique est fixé à 75 dollars américains, comme l’a rappelé encore récemment le ministère congolais des Affaires étrangères, des enquêtes menées à Beni indiquent que certains usagers paient entre 150 et 250 dollars, en fonction de leur capacité à « accélérer » le traitement de leur dossier.
Un silence des autorités malgré les alertes
Malgré la multiplication des dénonciations, les autorités provinciales n’ont, jusqu’ici, annoncé aucune mesure pour mettre fin à ces pratiques.
Dans les communiqués consultés par Grands Lacs News depuis le début de l’opération, le gouvernorat du Nord-Kivu se limite à réaffirmer que le prix officiel reste de 75 dollars, sans répondre directement aux accusations de favoritisme ou de corruption.