Après avoir entendu, lors leur assemblée plénière extraordinaire le jeudi dernier les avis des différentes parties à savoir la majorité au pouvoir, représentée par Jean-Claude Tshilumbayi, et l’opposition, représentée par Delly Sesanga ; les évêques catholiques de la CENCO ont rendu publique leur position quant à la problématique du changement ou révision de la Constitution de la RDC.

Contrairement à l’ECC qui n’avait exprimé que partiellement ses réserves à cette initiative, la CENCO a clairement exprimé sa ferme opposition à tout changement de la constitution : « Après un profond discernement, nous n'y voyons ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité de changement de la constitution. La priorité aujourd’hui en RDC c’est la paix, le bien-être social du peuple congolais, l’unité et la cohésion nationales », a déclaré son secrétaire général, Mgr. Donatien Nshole.

Il a par ailleurs affirmé que tout passage en force de ce projet comporte des risques énormes dont la balkanisation du pays : « Dans un contexte où les rivalités ethniques et tribales, le déclenchement d’une autre guerre civile est à redouter », a-t-il ajouté.

Aussi, l’Église catholique a dénoncé une manœuvre visant à offrir un nouveau cycle de mandat au président en exercice, qualifiant cette démarche de « rupture du pacte républicain » en violation des matières verrouillées par l'article 220 « qui visent à lutter contre la dictature et la privatisation de l'État.

C’est donc l’argumentaire de l’opposant Delly Sesanga, président du parti politique Envol et membre de la coalition Article 64 qui réunit plusieurs partis politiques qui disent défendre l’ordre constitutionnel, qui a convaincu la CENCO qui avait déjà signifié que la loi fondamentale de la RDC ne peut pas être révisée dans le contexte actuel du pays marquée par la crise et la guerre à l’Est.

L’ancien candidat à la présidentielle de 2023 avait également a soutenu que le seul objectif de Félix Tshisekedi est de changer la constitution pour exercer un pouvoir illimité et sans fin, et rappelant également que la constitution est « un pacte de paix conclu après des années de guerre. »