Alors qu’elle a indiqué avoir riposté à une attaque du groupe armé Maï-Maï Zoulou à Bukama dans la province du Haut-Lomami le diamche 11 janvier dernier, l’armée congolaise est accusée d’avoir tué une dizaine de civils désarmés dans cette partie de la RDC.

« Des hommes, des femmes, des enfants — fauchés par ceux-là mêmes qui avaient juré de les protéger », a avancé sur X l’opposant Olivier Kamitatu.

Ce proche de Moise Katumbi affirmé que le pouvoir a menti : « Un communiqué officiel a prétendu que les victimes étaient des Wazalendo. Les images, implacables, démentent cette fable obscène. Ce n'est pas une erreur de communication. C'est un mensonge d'État, délibéré, assumé, répété. Car ce massacre n'est pas le premier. Lubumbashi. Kilobelobe. Luilu. Kasenga. Kilwa. Et maintenant Bukama. La litanie s'allonge. Le sang s'accumule », a-t-il déclaré signifiant que le Katanga, qui fait vivre le pays de son cuivre et de son cobalt, est devenu « une terre de martyrs. »

« Que veut-on faire du Katanga ? On pille ses richesses sans vergogne. On muselle ses voix dissidentes. On jette ses opposants dans les cachots, on les condamne à mort dans des parodies de justice, on les contraint à l'exil quand on ne les assassine pas. Et désormais, on massacre ses populations », a-t-il poursuivi accusant le régime Tshisekedi de terroriser plutôt que de gouverner.

Un autre opposant, Félix Momat, reproche lui à l‘armée l’usage excessif de la force ajoutant que ces exactions constituent « des faits imprescriptibles » : « La permanence des faits, l’uniformité des modes opératoires et leur extension géographique révèlent une répression structurée, ciblée et profondément déshumanisante. Qu’elles soient instrumentalisées, tolérées ou couvertes, ces atteintes graves à la vie humaine engagent des responsabilités susceptibles d’être établies », a-t-il déclaré pour sa part soulignant que les exactions et tueries constituent de crimes contre l’humanité et relèvent du droit national et international, devant lequel commanditaires, exécutants et complices devront répondre, tôt ou tard, de leurs actes.