Alors que les tractations en vue de l’organisation d’un dialogue inclusif devant aboutir à une sortie de crise en cours en RDC, caractérisée par la guerre contre le M23 dans l’Est du pays, les explications des uns et des autres divergent quant à la motivation et les objectifs même de ce dialogue tant voulu par une grande partie de l’opposition.
Sur X, l‘opposant Seth Kikuni a accusé le gouvernement congolais et particulièrement son porte-parole, Patrick Muyaya de mensonge.
L’ancien candidat à la présidentielle de 2023 a affirmé que c’est bien le président Félix Tshisekedi qui est désormais demandeur de ce dialogue : « Félix Tshisekedi supplie aujourd'hui le gouvernement angolais de vendre à l'opposition, ainsi qu'à l'opinion nationale et internationale, l'idée d'un prétendu dialogue national ". Ceci pour masquer l'effondrement politique, institutionnel et moral de son régime », a-t-il écrit sur X affirmant que cette initiative « n'est pas une recherche sincère de solutions, mais une manœuvre de survie, destinée à sauver un bateau qui prend l'eau. »
« Un véritable dialogue repose sur trois piliers : la bonne foi, l'égalité des parties et la fiabilité de la parole donnée. Or, aucun de ces piliers n'existe sous le régime Tshisekedi. Sa parole est instable, réversible et vide de toute force morale ou politique. Les engagements sont pris pour être ensuite reniés, réinterprétés ou purement abandonnés selon les intérêts du moment », a-t-il poursuivi estimant que dans un tel contexte, « tout dialogue devient une illusion, car aucun accord conclu avec ce pouvoir ne saurait avoir de valeur durable ni de caractère contraignant. »
Seth Kikuni a également fait soutenu que dans le contexte actuel, « Félix Tshisekedi est à la fois partie et problème » : « Il est à l'origine de la crise multiforme qui secoue le pays. Il a détourné les institutions de leur mission républicaine pour en faire des instruments à son service. Il a instrumentalisé la justice, transformée en machine à régler ses comptes avec les adversaires. Il a rétréci l'espace démocratique, contraint de nombreux acteurs politiques et de la société civile à l'exil et imposé, sous le masque trompeur de ‘’l'Union sacrée’’, un régime de parti unique », a-t-il déclaré indiquant que dans ces conditions, « il est hors de question de se prêter à une mise en scène politique dont l'unique objectif est de légitimer un pouvoir errant et en décomposition. »
Tout en disant être attaché au principe du dialogue comme instrument de règlement pacifique des crises, Seth Kikuni précise « qu’il refuse catégoriquement de participer à un processus biaisé dès l'origine et dont l'issue serait conçue pour servir des intérêts particuliers plutôt que l'intérêt supérieur de la Nation » : « L'initiative engagée par Félix Tshisekedi en Angola ne répond pas à une logique de sortie de crise, mais à une démarche personnelle de préservation du pouvoir. Privée de garanties, de neutralité et de sincérité, cette tentative est vouée à l'échec. Le Congo n'a pas besoin d'un dialogue au service d'un homme ; il a besoin d'un processus crédible au service de son peuple et de son avenir », a-t-il conclu.
Rappelé dans la médiation, l'Angola pousse pour un dialogue national inclusif
Il faut dire que Luanda, rappelé par Tshisekedi dans la médiation pour mettre un terme à la crise en cours en RDC, multiplie depuis plusieurs jours les contacts informels avec plusieurs acteurs.
C’est dans ce cadre que le président angolais devrait échanger cette semaine à Luanda avec la délégation de la CENCO et de l’ECC avant une rencontre avec certains responsables de l’opposition politique.