Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de sécurité congolaises ont arrêté Aubin Minaku, vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et ancien président de l’Assemblée nationale, à sa résidence privée de Kinshasa. 

Cette opération a vu la maison bouclée par des éléments des forces de sécurité avant que l’intéressé ne soit emmené vers une destination inconnue peu après minuit.

Et si les autorités compétentes n’ont pas encore communiqué officiellement sur les motifs de cette interpellation qui intervient dans un climat de fortes tensions liées notamment à la situation sécuritaire dans la partie Est du pays et de poursuites judiciaires visant les proches de l’ex-président Joseph Kabila, autorité morale du PPRD, nombreux sont ceux qui décrient cette arrestation qui intervient seulement quelque temps après celle d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, et ce, dans le prolongement de la condamnation à mort par contumace de Joseph Kabila lui-même par la justice militaire pour son prétendu soutien à l'AFC/M23. 

C’est notamment le cas du Cadre de concertation des forces politiques et sociales qui exige « la libération immédiate et sans condition d’Aubin MINAKU, ainsi que de toutes les personnes arbitrairement privées de liberté pour leurs opinions, leurs engagements politiques ou l’exercice légitime de leur esprit critique. »

De son côté, Jean-Claude Katende, membre de la société civile et activiste des droits humains, estime que l’arrestation d’Aubin Minaku montre que le régime du président Tshisekedi s'inscrit dans la logique de démanteler l'opposition politique dans le pays : « Une telle démarche est anti démocratique. Nous condamnons cette dérive totalitaire et cette arrestation. Nous exigeons que M. Aubin Minaku soit libéré », déclare-t-il sur X.

Pour rappel, Aubin Minaku avait déjà fait l’objet d’une convocation par la justice en mars 2025 sur base des soupçons de complicité avec le M23.