Par Claudel Lubaya
Malgré l’autosatisfaction entretenue par une cour politique volontairement asservie, la gouvernance de Félix Tshisekedi continue de s’illustrer par une absence criante de cap stratégique, en particulier dans la gestion de la crise sécuritaire et diplomatique qui ronge le pays.
Le champion autoproclamé de la "masculinité positive" navigue à vue, au rythme des déplacements présidentiels intempestifs, des effets d’annonce et des revirements non assumés.
Les initiatives se succèdent sans lisibilité, démontrant de ce fait, une gouvernance guidée davantage par l’improvisation que par une orientation claire et cohérente.
Alors qu'en octobre dernier, il avait publiquement annoncé son intention de plaider pour l’attribution du prix Nobel de la paix à Donald Trump, hier à Luanda, comme à son habitude, Tshisekedi s'est rétracté sans la moindre explication, en présentant désormais João Lourenço comme le nouveau « champion de la paix ».
Ce revirement soudain illustre une fois de plus l’inconstance et l’improvisation qui caractérisent ce qu’il reste encore de la parole de Félix Tshisekedi.
A force de désigner successivement des dirigeants étrangers comme sauveurs potentiels, il donne l’image d’une diplomatie erratique, incapable de s’inscrire dans une ligne claire et assumée.
Son voyage en Angola, présenté comme un retour vers une médiation « crédible », est révélateur de cette errance.
Après avoir marginalisé la même diplomatie angolaise au profit du Qatar, puis des États-Unis, Tshisekedi revient aujourd’hui à son point de départ, sans explication sérieuse, ni bilan transparent des initiatives précédentes manifestement avortées.
Ce va-et-vient diplomatique, intervenu après la signature à Washington d’accords pourtant qualifiés d’« historiques » et de « victoires diplomatiques », pose une question centrale : que valent les engagements pris par un homme qui les renie au gré des opportunités médiatiques et des calculs de court terme ?
Un pouvoir qui change de médiateur comme de discours, sans assumer ses échecs ni définir une vision claire, ne gouverne pas : il improvise.
Et pendant qu’il hésite, la crise s’enlise et le pays paie le prix de cette errance stratégique.
Dans ce dispositif brouillon, Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères, apparaît visiblement reléguée à un rôle purement exécutif, chargée a posteriori d’habiller et de justifier des revirements diplomatiques décidés ailleurs.
Loin d’incarner une ligne structurée et cohérente, son action semble se limiter à donner une façade institutionnelle à des choix fluctuants, dépourvus de vision stratégique.
En définitive, la crise congolaise révèle un déficit profond de leadership stratégique.
Un pouvoir sans vision ne produit que de l’instabilité, et un État gouverné sans cap ne peut prétendre ni à la paix durable ni à une souveraineté réelle.
Félix Tshisekedi en porte la responsabilité politique.
Par Claudel Lubaya