À Cantine et Mabalako, dans le groupement Baswagha Lubena (territoire de Beni, Nord-Kivu), la Société civile Forces vives alerte sur une recrudescence d’actes d’insécurité et de présumés abus commis par certains éléments des forces de défense et de sécurité lors des patrouilles nocturnes.

Dans une synthèse de réunion tenue le 24 avril 2026 à Cantine, cette structure citoyenne salue d’abord les efforts des services de sécurité face aux incursions armées dans la zone. Elle affirme toutefois constater une situation préoccupante, marquée par au moins cinq cas de vols qualifiés enregistrés au cours du mois d’avril, sans suivi judiciaire effectif à ce jour.

Parmi les faits rapportés, la société civile cite notamment l’assassinat du jeune Ekoka Kitoko, retrouvé sans vie sur l’axe Métal le 8 avril. Sa motocyclette aurait été emportée par des inconnus. Elle évoque également des cas de pratiques de charlatanisme signalés au quartier Maendeleo le 12 avril, appelant à une implication accrue des autorités coutumières.

Le rapport met surtout en cause le comportement de certains membres des patrouilles nocturnes, accusés de dérives telles que des fouilles corporelles abusives, des extorsions de fonds, des rançonnements de civils dans des lieux publics, ainsi que des rétentions jugées arbitraires de motocyclettes. La société civile dénonce également des cas de paiements exigés aux familles pour la prise en charge de personnes gardées à vue.

Elle affirme que ces pratiques contribuent à détériorer le climat de confiance entre la population et les forces de sécurité, évoquant une « rupture du mariage civilo-militaire », pourtant présenté comme un pilier de la sécurité participative en RDC.

Le document accuse par ailleurs certains éléments de consommer des stupéfiants et de l’alcool en service, en violation des règlements militaires, et rappelle que, même en contexte d’état de siège, la Constitution garantit le respect de la dignité humaine ainsi que des droits fondamentaux.

Face à cette situation, la Société civile Forces vives Baswagha Lubena formule plusieurs recommandations, notamment le recentrage des patrouilles sur leur mission de protection, la mise en place d’un plan local de sécurité participative et la saisine systématique de l’auditorat militaire en cas d’abus avérés.

Elle appelle également les autorités militaires à sanctionner tout agent impliqué dans des actes d’extorsion, de vol ou de détention arbitraire, et insiste sur la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des questions sécuritaires.

« Nous avons dit », conclut le communiqué, signé à Cantine le 24 avril 2026 par la Société civile Forces vives Baswagha Lubena.