Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est arrivé à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, afin de soutenir les efforts de riposte contre l’épidémie d’Ebola qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette visite intervient dans un contexte de recrudescence des cas dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le patron de l’OMS entend évaluer personnellement les réalités sur le terrain et s’enquérir de l’organisation mise en place pour contenir la maladie.
Et avant son départ pour Bunia, Tedros Adhanom Ghebreyesus a multiplié les rencontres avec les principaux acteurs impliqués dans la gestion de la crise sanitaire.
Il s’est notamment entretenu avec le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, James Swan, ainsi qu’avec le coordonnateur humanitaire résident, Bruno Lemarquis.
Selon un membre de sa délégation, le directeur général de l’OMS est arrivé avec un message de solidarité envers les populations congolaises affectées par cette nouvelle flambée d’Ebola. « Il est venu dire aux populations congolaises qu’elles n’étaient pas seules », a confié cette source, soulignant l’engagement de l’OMS à accompagner le gouvernement congolais dans le renforcement de la riposte.
L’organisation internationale assure vouloir apporter un appui technique, logistique et opérationnel afin de permettre aux autorités sanitaires de maîtriser rapidement l’épidémie.
Pour Tedros Ghebreyesus, la RDC dispose déjà d’une expérience importante acquise lors des précédentes épidémies, un atout majeur dans la lutte actuelle contre Ebola.
Appel à une mobilisation internationale
Au cours de ses échanges avec les ambassadeurs et les bailleurs de fonds vendredi matin, le chef de l’OMS a également plaidé pour un renforcement de la solidarité internationale. Il a insisté sur la nécessité d’accroître les ressources destinées à la riposte plutôt que de fermer les frontières.
« Pour lutter contre Ebola, il ne faut pas fermer les frontières, mais augmenter les ressources », a-t-il martelé devant ses interlocuteurs.
Cette déclaration intervient alors que les autorités sanitaires congolaises poursuivent l’évaluation de la situation épidémiologique dans les zones touchées.
La veille, le ministre de la Santé publique, Samuel-Roger Kamba, a dressé un état des lieux de l’épidémie lors d’un point de presse tenu à Bunia. Selon lui, la RDC compte désormais 225 cas confirmés d’Ebola.
« Nous comptons au total 225 cas confirmés d’Ebola, en attendant les résultats des analyses de cette nuit. Nous pouvons donc considérer ce chiffre comme une estimation assez précise du nombre actuel de cas », a déclaré le ministre.
Samuel-Roger Kamba a précisé que ces données sont désormais jugées plus fiables grâce au renforcement des capacités de laboratoire déployées dans les zones affectées.
Les autorités sanitaires espèrent, avec l’appui de l’OMS et des partenaires internationaux, intensifier les opérations de surveillance, de prise en charge et de vaccination afin de freiner la propagation du virus dans l’est du pays.
Plus de 160 millions d'aide des États-Unis
Dans le même temps, les États-Unis ont franchi le cap des 162 millions de dollars d'aide pour combattre l'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo et en Ouganda, devenant ainsi le premier contributeur financier à la riposte.
Selon une note du département d'État publiée le 29 mai 2026, ce financement s'ajoute à 350 millions de dollars versés via les fonds communs d'OCHA pour la RDC, l'Ouganda et le Soudan du Sud, ainsi qu'à une enveloppe de 50 millions destinée à l'établissement de jusqu'à 50 cliniques de traitement.
Washington a par ailleurs annoncé son intention de débloquer 13,5 millions de dollars pour appuyer les efforts de préparation du Kenya, à l'issue d'un entretien entre le secrétaire d'État Marco Rubio et le président kényan William Ruto.
Sur le terrain, les partenaires financés par les États-Unis, UNICEF, OIM, FHI 360, Samaritan's Purse et International Medical Corps, déploient personnel, équipements de protection et capacités de dépistage à Bunia, Beni et Goma, tandis que des mesures de contrôle sanitaire renforcé ont été instaurées aux points d'entrée régionaux.