Après avoir sanctionné en mars dernier l’armée rwandaise et 4 de ses officiers supérieurs « pour leur soutien opérationnel direct au M23 qui poursuit la guerre à l’Est de la RDC » ; les Etats-Unis annoncent ce jeudi 30 avril 2026 des sanctions contre Joseph Kabila pour le même motif, expliquant « s’attaquer aux menaces qui pèsent sur la stabilité de la RDC. »

Dans un communiqué, le département d’Etat américain accuse l'ancien président congolais « d’avoir apporté un soutien matériel à des groupes armés qui déstabilisent l'Est de la RDC : « Bénéficiant du soutien financier et politique de Kabila, ces groupes sont les principaux vecteurs de violence et d'instabilité dans la région », indique ce communiqué.

Les États-Unis, qui disent se tenir aux côtés du peuple congolais, « appellent tous les dirigeants régionaux à rejeter ceux qui perpétuent la violence et l'instabilité » : « La mesure prise aujourd'hui envoie un message clair : nous demanderons des comptes à quiconque entrave les efforts de paix en RDC », poursuit ce communiqué.

Aussi, Washington dit être « fermement résolue à veiller à ce que toutes les parties respectent leurs engagements pris dans le cadre des accords de paix entre la RDC et le Rwanda » signés sous sa médiation ainsi que de l'Accord-cadre de Doha.

Il assure ainsi qu’il utilisera « tous les outils disponibles pour promouvoir une stabilité durable dans la région » : « Les États-Unis continueront de soutenir les solutions diplomatiques qui mettent fin aux souffrances des civils dans l'est de la RDC et créent les conditions d'une paix et d'une prospérité durables dans toute la région. »

Ce qu’impliquent les sanctions américaines

En clair, suite à cette décision du trésor américain, tous les biens et intérêts patrimoniaux de Joseph Kabila situés aux États-Unis ou en possession ou sous le contrôle de ressortissants américains, sont bloqués et doivent être déclarés à l'OFAC.

Aussi, toute entité détenue, directement ou indirectement, individuellement ou collectivement, à 50 % ou plus par Joseph Kabila est également soumise à sanctions tout comme les institutions financières et autres personnes si elles effectuent des transactions ou des activités impliquant l’ancien président congolais.

Malgré les condamnations, Joseph Kabila nie tout lien avec la rébellion

Pour rappel, Joseph Kabila, qui a été condamné à mort par la justice congolaise, là encore pour un soutien à l’AFC/M23 ; a récemment nié tout lien avec ce dernier même s’il s’est installé à Goma, QG du mouvement rebelle ; signifiant même que « tenter de l’associer à la rébellion relève de la pure stupidité. »

Mais ces sanctions américaines, qui interviennent après que le président rwandais Paul Kagame a lui aussi associé l’ancien président congolais au mouvement rebelle ; risquent de le confirmer malgré lui, comme responsable numéro 1 de l’AFC/M23.