Alors que le Rwanda a récemment justifié sa coopération avec le M23 « dans l'intérêt commun de lutter contre les FDLR », Kinshasa accuse Kigali d'utiliser ce prétexte « pour piller les minerais en RDC », car ne voulant pas les éradiquer toutes les fois qu'il en a eu les occasions.

Le porte-parole le gouvernement congolais, Patrick Muyaya, qui a soutenu que les combattants FDLR ayant fui le Rwanda en 1994 ne représentent plus une menace contre le régime rwandais 32 ans après, a affirmé que la vraie cause de l’implication du Rwanda dans les conflits récurrents à l’Est de la RDC reste l’accaparement des minerais dans cette partie du pays : « La vérité c’est que le FDLR c’est l’or, le coltan et toutes les ressources que regorge cette partie de notre pays, les vraies raisons de la guerre », a-t-il déclaré lors d’une rencontre de vulgarisation des accords de paix de Washington.

En réaction, le ministre rwandais des affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, est revenu sur le plan de neutralisation des FDLR évoquer par la RDC et le Rwanda dans les différents processus de paix entamés depuis 2024.

Le chef de la diplomatie rwandaise, qui a pointé « une propagande mensongère du gouvernement congolais sur cette question », a ainsi signifié que lors de la toute première réunion ministérielle dans le cadre du processus de Luanda, c’est le Ministre des Affaires étrangères de la RDC de l’époque, Christophe Lutundula, qui s'était engagé à présenter un « plan de neutralisation des FDLR », avant de se dédire avançant que les FDLR n'existent pas.

Poursuivant, Olivier Nduhungirehe explique que malgré cela, les experts militaires et des renseignements de la RDC, du Rwanda et du médiateur angolais avaient ensuite adopté le célèbre Concept des Opérations (CONOPS) pour la neutralisation des FDLR et la levée des mesures rwandaises de défense, qui été repris tel quel dans l'Accord de Paix de Washington : « La neutralisation des FDLR est donc un élément central des Accords de Washington et pour une paix durable à l'est de la RDC. Il est donc étonnant de constater que presque deux ans après l'engagement initial de Christophe Lutundula sur la neutralisation des FDLR, et malgré l'adoption du CONOPS à Luanda et à Washington, le porte-parole du gouvernement congolais continue désespérément de nier ou de minimiser l'existence des FDLR, afin de mieux préparer l'opinion à la violation, par Kinshasa, des Accords de Washington dans son élément central », a-t-il écrit sur X affirmant que les FDLR restent une menace pour la sécurité du Rwanda.