Annoncée depuis plusieurs heures, la mort de Willy Ngoma, porte-parole du M23, se précise.

D'après des sources concordantes, le Colonel Willy Ngoma, très populaire à cause notamment de ses sorties médiatiques remarquables, faisait partie d'un cortège militaire visé par une attaque de drone des FARDC le mardi 24 février 2026 près de Rubaya dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu.

D'autres chefs militaires du mouvement armé auraient échappé à cette attaque dont le bilan reste encore non communiqué.

Alors qu'on attend encore la confirmation officielle de cette information, Bertrand Bisimwa, président du M23, a laconiquement salué la mémoire de ce haut cadre de son mouvement et de ses compagnons morts dans cette guerre : « La Révolution c’est ces héros qui, chaque jour, sacrifient leur vie pour la Libération du pays, le mieux-être des générations présentes et futures, la fondation d’un Etat qui protège indistinctement ses citoyens. La Révolution c'est aussi la communion avec nos héros en silence », a-t-il écrit sur X.

Il faut dire que Kinshasa a activé depuis plusieurs jours le mode attaque utilisant drones et troupes au sol malgré le cessez-le-feu réitéré depuis le 18 février dernier par Luanda, ce qui poussera certainement le M23 à réagir et ainsi relancer les hostilités de haute intensité entre les deux parties.
Figure majeure du M23 depuis sa résurgence en 2021, Willy Ngoma avait été sanctionné en décembre 2023 par les États-Unis.

Selon Washington, il a été visé pour son rôle dans l'AFC-M23 dans des violations graves des droits de l’homme, notamment des meurtres et des violences sexuelles contre des civils.

Les autorités américaines citent notamment des actes perpétrés en novembre 2022 à Kishishe, dans la province du Nord-Kivu.

Il avait également été sanctionné en 2022 par le Conseil de l’Union européenne avec des mesures restrictives.

Selon l’UE, en raison de ses fonctions dirigeantes au sein de ce mouvement soutenu par Kigali, Willy Ngoma contribuait, à travers ses fonctions, à l’instabilité et à l’insécurité en RDC.

Qui était Willy Ngoma ?

Originaire du Kongo Central, Willy Ngoma a vécu à Kinshasa, capitale de la RDC et fût un militant de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi avant de rejoindre le M23 lors de sa création en 2012 : « Nous avons quitté l'Afrique du Sud en 2002 où j'étais avec Étienne Tshisekedi. Nous avons organisé la branche armée de l'UDPS et il y a eu des accords avec le RCD à l'époque », témoignait-il affirmant avoir été influent au sein de ce parti politique où il avait évolué également avec Rubens Mikindo, ancien ministre des hydrocarbures et haut cadre de l'UDPS.

Il se présentait également comme un proche de l’artiste musicien Gospel Matou Samuel, bien connu en RDC, avec qui il avait des affinités de la communauté éthnique Nekongo.

« Je suis au M23 depuis sa création en 2012. Je travaillais dans la sécurité intérieure. En 2013, nous sommes allés en exil au camp militaire de Bihanga en Ouganda. Le 14/01/2017, nous sommes allés au maquis de Sarambwe en RDC », avait-il confié dans une interview.

Willy Ngoma avait indiqué également avoir côtoyé un certain Didier #Mampasi, un tradipraticien connu dans plusieurs villes de la RDC.