Quelques jours seulement après la tenue à Montreux en Suisse d’un nouveau round de négociations entre Kinshasa et l'AFC/M23 dans le cadre du processus de Doha ; le mouvement rebelle a fait une restitution publique de ces pourparlers qui ont abouti à la signature d’un protocole relatif à l'accès humanitaire et à la protection judiciaire, l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, ainsi que la libération de prisonniers.

Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi 22 avril 2026 à Goma, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’AFC/M23 a noté des avancées ainsi que des points restés en suspense lors de ces assises.

Il a ainsi fait savoir que la délégation du gouvernement congolais avait volontairement omis les questions relatives à la réouverture des banques ainsi que celle de l’aéroport de Goma : « Nous avons tout fait pour que les banques soient ouvertes, mais ils ont associé cela à la question de la réouverture de l‘aéroport de Goma. Nous nous sommes alors dits ouverts pour discuter même de cette question, parce que c’est également la demande des humanitaires ; mais Kinshasa a refusé qu’on puisse traiter ces questions-là », a-t-il déclaré indiquant que le gouvernement congolais avait uniquement avancé la question de la restauration de l’Etat « qui ne figurait pas pourtant à l’ordre du jour. »

Le chef de la délégation de l’AFC/M23 à ces pourparlers a également fait savoir que son mouvement avait évoqué la question de la délivrance des passeports et des documents de voyage aux populations vivant dans les zones occupées, soulignant la nécessité de garantir la libre circulation des populations concernées, et faisant remarquer que nombreux parmi ceux qui se trouvent dans ces zones sont privés des titres de voyages et que d’autres pays, sur demande de Kinshasa, refusent les documents délivrés par l’AFC/ M23 : « Nous leur avons signifié qu’ils doivent laisser aux populations d’avoir accès aux titres de voyage, aux passeports et autres documents, mais aussi d’accepter que les hommes d’affaires et les commerçants vivant dans notre espace aillent à Beni, Butembo, Kindu, Kinshasa et ailleurs sans être accusés d’être collaborateurs de l’AFC/M23 », a-t-il poursuivi dénonçant « une volonté d’enclaver la population vivant dans les zones occupées. »

Enfin, l’AFC/M23 a signifié que l’accès aux zones sous son contrôle « ne doit pas être réservé uniquement aux humanitaires, mais à toute la population. »